«Le cégep sous sa forme actuelle est une création de notre province. On a même dit que c’était un fleuron québécois en éducation. Sommes-nous en train de le transformer pour qu’il soit à l’origine de décrochages? Serait-ce un autre dommage collatéral de la COVID-19?» demande Godelieve De Koninck.»
«Le cégep sous sa forme actuelle est une création de notre province. On a même dit que c’était un fleuron québécois en éducation. Sommes-nous en train de le transformer pour qu’il soit à l’origine de décrochages? Serait-ce un autre dommage collatéral de la COVID-19?» demande Godelieve De Koninck.»

Mais qui donc s’intéresse aux étudiants au cégep?

POINT DE VUE / Depuis le malheur qui s’abat sur nous, les sujets d’inquiétude abondent et ont tous leur importance. Cependant, certains peuvent nous toucher plus que d’autres. On parle beaucoup des grands-parents qui sont bien tristes de ne plus pouvoir garder leurs petits-enfants. 

Pour ma part, à 82 ans, je ne garde plus, mais j’ai des grands-petits-enfants au secondaire et au collégial. Comment entretenir une relation significative avec de jeunes adultes? En lisant leurs travaux, en discutant de ceux-ci, en les conseillant et par voie de conséquence me sentir encore utile. Durant cette crise en éducation, qui sont parmi les plus grands négligés? Les étudiants au cégep. 

Pourquoi? Parce qu’en plus d’être privés de leur vie sociale, si importante durant cette période de leur vie, ils sont dans l’incertitude. Pas un mot du ministère, de la direction, des profs sur ce qui va se passer. On leur dit que ça va venir. Qu’on réfléchit, qu’on va voir ce qu’on peut faire. Puis après un long moment, des travaux sont requis. 

Croyez-vous que ce soit stimulant pour un étudiant de continuer à remettre ses travaux dans une session qui ne compte pas? Qui, dans notre monde adulte, aime travailler pour rien? Résilients, encore jeunes, confiants, ils remettent leurs travaux. Suivent les notes et les corrections, dont entre autres, une moyenne de classe de 56 %. Sans plus, sans un mot d’encouragement, sans empathie. Rien. Difficile à avaler et ce sans compter que d’autres travaux demeurent encore sans rétroaction après un mois et demi ! Apparemment la cote R ne comptera pas. On ne sait pas trop, faute de communication officielle encore une fois du cégep. Le vide. Pas grave, ce sera pour une autre fois… Grande déception pour celles et ceux qui ont bien travaillé et qui, tout à coup sont devant le néant. Où sont passés tous leurs efforts dépensés?

Et, pour la prochaine session, ce sera quoi ? Comptera-t-elle ? Et ces jeunes, seront-ils encore là? 

Pourquoi, vous profs au cégep, ne pas établir un dialogue avec vos étudiants, partager avec eux leurs soucis, leurs inquiétudes, corriger de façon positive (qui ne veut pas dire laxiste), encourager les efforts pas toujours faciles pour des jeunes de 17 à 19 ans en ce temps de pandémie? Ne croyez-vous pas que votre rôle en est un de soutien pour éviter le décrochage scolaire plutôt que de vous contenter de corriger et d’envoyer une feuille d’évaluation à décrypter? 

Le cégep sous sa forme actuelle est une création de notre province. On a même dit que c’était un fleuron québécois en éducation. Sommes-nous en train de le transformer pour qu’il soit à l’origine de décrochages? Serait-ce un autre dommage collatéral de la COVID-19?

Monsieur Roberge, au secours! Il n’y a pas que le primaire et le secondaire dont il faut s’occuper. Le cégep fait partie de l’Enseignement supérieur avec l’université. L’auriez-vous échappé en chemin?

Moi, je suis inquiète pour mes grands-petits-enfants. Ils méritent plus que ça.