«Qu’en est-il de ceux qui aident? Ceux qui ne souffrent pas eux-mêmes de troubles mentaux, mais qui vivent avec quelqu’un qui vit avec ça au quotidien? Ceux qui font le don de soi, de leur temps et d’attention, au quotidien, et sans relâche, sans soulagement. Il n’y a pas toujours de mécanismes en place pour aider les aidants», écrit Marie-Christine Chartier, de l’Association canadienne pour la santé mentale, filiale de Québec.
«Qu’en est-il de ceux qui aident? Ceux qui ne souffrent pas eux-mêmes de troubles mentaux, mais qui vivent avec quelqu’un qui vit avec ça au quotidien? Ceux qui font le don de soi, de leur temps et d’attention, au quotidien, et sans relâche, sans soulagement. Il n’y a pas toujours de mécanismes en place pour aider les aidants», écrit Marie-Christine Chartier, de l’Association canadienne pour la santé mentale, filiale de Québec.

Mais qui aide ceux qui aident?

Marie-Christine Chartier
Marie-Christine Chartier
Association canadienne pour la santé mentale, filiale de Québec
POINT DE VUE / Lorsqu’on aborde le thème de la santé mentale, nous avons souvent tendance à le faire en ayant en tête les personnes qui sont atteintes de troubles. C’est tout à fait normal, puisque ce sont vers elles que sont déployées la majorité du temps et des ressources. Et ce sont également elles qui en ont le plus besoin. Le plus… peut-être. Par contre, il ne faut pas oublier que ce ne sont pas seulement ces personnes qui ont besoin de ressources et de temps.

Qu’en est-il de ceux qui aident? Ceux qui ne souffrent pas eux-mêmes de troubles mentaux, mais qui vivent avec quelqu’un qui vit avec ça au quotidien? Ceux qui font le don de soi, de leur temps et d’attention, au quotidien, et sans relâche, sans soulagement. Il n’y a pas toujours de mécanismes en place pour aider les aidants. Ce n’est pas une game de Tag ou un match de lutte. On ne peut pas taper dans la main d’une autre personne et la voir venir dans le ring à notre place, pour quelques rounds.

Ne vous méprenez pas, il y a beaucoup de gratification dans le fait d’aider un proche. On le fait par amour, on le fait par dévouement. C’est un des grands dons de l’âme. Ce qui manque, parfois, c’est simplement un filet de sécurité, des gens pour nous épauler et parler, dans le cas où la situation devient trop lourde. Parfois, on ne sait simplement pas que ce filet existe. Qu’il nous attend.

Ne pas s’oublier

Le plus grand danger, c’est de s’oublier. Le danger, c’est aussi d’être rendu si loin dans notre oubli qu’il est difficile de revenir. C’est pourquoi l’importance numéro un, c’est de parler, de s’informer, même quand ça va bien. Surtout quand ça va bien. Selon des statistiques récentes, c’est 45 % des gens qui agissent à titre d’aidants qui se trouvent à éprouver de la détresse psychologique.

Santé Québec suggère plusieurs façons de contrer cet isolement et cette souffrance. Dans leur site Internet, ils suggèrent entre autres: 

  1. exprimer vos émotions 
  2. prendre soin de vous 
  3. respecter vos limites 
  4. ne pas hésiter à aller chercher de l’aide

Il existe également plusieurs ressources pour les personnes qui vivent avec une personne ayant un ou des troubles de santé mentale. Il y a des forums, des groupes de discussion, de la documentation, où on retrouve une oreille empathique.

Une oreille qui comprend.