Le campus Lévis de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR)

L’UQAR, université à échelle humaine

Citoyen de la belle ville de Québec, j’ai longtemps cru que la seule voie aux études supérieures passerait par l’Université Laval. Comme j’avais tort. À quelques pas à peine de chez moi, prenant le traversier et faisant cap vers l’autre rive, voilà que se découvre, tel un trésor bien gardé, le campus Lévis de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR).

Comment décrire l’UQAR? C’est d’abord sa dimension humaine qui enchante. L’enseignement se fait dans le cadre de petits groupes et est fortement axé sur la pratique. Ouste les amphithéâtres glacials où s’entassent plusieurs centaines d’étudiants; ici, la proximité avec les professeurs est exceptionnelle et facilite la réussite, de même que le dépassement. Cette taille réduite des cohortes et cette disponibilité des professeurs permettent un enseignement personnalisé, un approfondissement général et des échanges florissants. Concernant le corps enseignant, il y a un bel équilibre entre des professeurs qui ont une riche expérience terrain et ceux et celles davantage axés sur la recherche; souvent même nous avons droit à un intéressant mélange des deux. Toujours en termes de combinaison gagnante, mentionnons que l’UQAR marie chaleur communautaire et excellence en recherche (développement régional, nordicité et sciences de la mer, notamment).

Faire partie d’une communauté universitaire plus petite a plusieurs avantages : il y a cette agréable impression d’être chez soi, simplement. De se sentir tout de suite à sa place. De belles relations se tissent aisément avec tout le monde (professeurs, chargés de cours, membres du personnel, étudiants). Il est plus aisé de s’impliquer, non seulement dans le volet scolaire, mais dans des activités socioculturelles. Qui plus est, quand le personnel de soutien est aussi présent, instructif et chaleureux, toujours là pour nous accompagner lorsqu’on souhaite lancer un projet (entrepreneurial, artistique, social, sportif, etc.); c’est d’une simplicité bienvenue. Comme le mentionne une étudiante sur le site de l’université : «Nous sommes encouragés à nous dépasser, tant par les professeurs que le personnel des services aux étudiants, et à découvrir des facettes de nous-mêmes que nous n’imaginions même pas!» C’est ça, l’effet UQAR. Ajoutons un environnement physique particulièrement lumineux et moderne; l’ambiance conviviale; des plages horaires de cours invitantes... on continue?

Par ailleurs, cette université semble avoir compris qu’avant de former des travailleurs, elle forme des citoyens. Avant de former au perfectionnement «technique», elle encourage l’esprit critique. L’UQAR apparaît saisir ce qui fait l’essence et la pertinence de l’éducation et de la conscientisation dans une société; peut-être même que sa catégorisation d’«université publique» y est pour quelque chose?

À l’heure d’une mondialisation de l’éducation supérieure toujours plus féroce, où l’éducation se voit pernicieusement appréhendée comme une marchandise comme les autres, il est réconfortant de voir que certaines universités ne semblent pas avoir baissé les bras. «En cultivant l’autonomie à l’encontre des pouvoirs, l’université doit maintenir une distance critique avec le monde, celle-là même qui devrait lui permettre d’éduquer au jugement, de transmettre la culture et de réfléchir sur le sens de notre présence dans le monde», écrivaient Eric Martin et Maxime Ouellet.

Les universités ne doivent pas être contraintes à être des usines à diplômes au service «du marché»; il appert que ces lieux de savoir doivent maintenir leur rôle vital au service du bien commun, de l’éveil des consciences et de l’émancipation citoyenne.

L’UQAR, c’est une enthousiaste invitation à s’épanouir et se dépasser sur les plans scolaire, relationnel, professionnel et personnel. Pardonnez cette lettre d’amour à mon université qui s’éternise un brin, mais voilà : une université de cette trempe doit davantage briller sur la place publique. Et si c’était les plus «petites» universités qui étaient en fait les plus «grandes»?

Étienne Boudou-Laforce, Québec