Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge
Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge

Loi 40: les plus vulnérables vont payer

POINT DE VUE / Jusqu’au bout, le ministre de l’Éducation aura fait preuve d’un mépris flagrant à l’égard des parents d’élèves à besoins particuliers. Il ne veut plus que nos voix puissent s’exprimer au sein des instances scolaires. Pas question de nous laisser dénoncer le manque de ressources, alors qu’il nous trouvait bien utiles quand il était dans l’opposition. Pas question de nous laisser rappeler à la population que l’inclusion des élèves à besoins particuliers est un noble objectif, mais que, si on ne se donne pas les moyens qui vont avec, si on n’améliore pas les conditions de travail des enseignants, des professionnels et du personnel de soutien, cet objectif est voué à l’échec.

Il nous avait fallu des années de lutte acharnée pour obtenir un commissaire-parent spécifiquement voué à la défense des élèves à besoins particuliers et de leurs parents. Sans aucune explication, sans aucun égard pour nous, M. Roberge nous prive de cette représentation. Il nous impose un immense retour en arrière.

Franchement, je suis inquiète. Quels recours auront les parents de ces enfants en cas de problème? Chaque centre de services possède bien sûr une procédure de règlement des différends. Mais combien de plaintes l’intervention en amont du commissaire-parent EHDAA et des commissaires de quartier ont-elles évitées? Je prédis une hausse des plaintes dans les nouveaux centres de services. Et ce ne sera dans l’intérêt de personne.

Bref, c’est un message bien maladroit que le ministre nous envoie. Sans compter cet incompréhensible recours au bâillon, comme si on ne voulait pas passer trop de temps à débattre de sujets sensibles. Alors que le Québec est au contraire mûr pour en débattre en profondeur.

Ce déni de représentation qui nous est imposé par le ministre ne réussira pas à nous faire taire. Les parents d’enfants à besoins particuliers sont résilients, par la force des choses. Et ce serait mal nous connaître que de croire que nous en resterons là.