L’ITHQ a 50 ans mais nous n’avons pas le cœur à la fête

Alors que l’Institut de tourisme et d’hôtellerie (ITHQ) célèbre son 50e anniversaire, les professeurs de l’établissement n’ont pas le cœur à la fête, eux qui voient leur avenir professionnel se jouer sans qu’ils n’aient voix au chapitre.

Rappelons d’abord les faits. En octobre dernier, le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, a déposé le projet de loi no 150 qui vise à mettre en œuvre certaines dispositions des budgets 2016 et 2017 du gouvernement. Méconnu du grand public, ce projet de loi, qui vient de compléter la phase d’étude détaillée, prévoit deux changements majeurs et lourds de conséquences pour les professeurs de l’ITHQ. Ceux-ci déplorent ne pas avoir été consultés sur les mesures qui les touchent pourtant directement. 

Le Projet de loi a pour effet de retirer définitivement tous les professeurs de l’ITHQ de la fonction publique québécoise et de modifier la composition du conseil d’administration de l’établissement. Tenus dans le noir malgré leurs demandes d’information répétées à la direction de l’ITHQ, les professeurs exigent des réponses à leurs questions légitimes avant que leur sort ne soit scellé. Leurs craintes concernent :

•la précarité des emplois à l’ITHQ;

•la perte d’expertise;

•la non-représentativité des trois ordres d’enseignement (universitaire, collégial et secondaire) au conseil d’administration de l’ITHQ;

•la diminution des budgets alloués à l’enseignement.

Il est mal avisé que la direction de l’ITHQ et le Gouvernement approuvent de tels changements significatifs sans en évaluer la portée pour le corps professoral de l’ITHQ, en collaboration avec ces derniers. Cet exercice diligent est essentiel par respect pour le corps professoral qui est au cœur de la mission éducative de l’Institut.  

L’ITHQ est devenu la référence au Canada en matière de formation spécialisée en hôtellerie, tourisme et gastronomie. Il constitue un véritable fleuron qui fait la fierté des Québécois. À ce titre, il est impératif que les professeurs de l’Institut puissent connaître les impacts des dispositions du projet de loi qui les concernent, d’autant plus qu’elles modifieront le fonctionnement de l’organisation. 

En cette année charnière pour l’ITHQ, ses professeurs veulent retrouver le cœur à la fête. Ils ne demandent qu’à être consultés et impliqués dans la transformation présentement menée en vase clos par la direction.

Claude Tanguay, Président du Syndicat des professeurs de l’État du Québec (SPEQ)