L’incinérateur se dépasse

Que gagne la Ville de Québec à participer aux dépassements des normes de contaminants à l’incinérateur? Certainement pas une médaille.

Voyons quelques «records» de participation au dépassement des normes, parmi une douzaine observés pour 2016 et 2017 : près de trois fois la norme en juin 2016 pour le mercure, près de 66 fois la norme en octobre 2017 pour les dioxines et furanes, et 176 fois la norme en juin 2017 pour l’arsenic.

Actuellement, la Ville de Québec procède à deux campagnes d’échantillonnage par année, espacées de plusieurs mois, l’une en juin et l’autre en octobre. Pour chacune des quatre cheminées, chaque campagne est réalisée sur une période de 12 heures, soit trois tests d’une durée de quatre heures chacun. Ainsi, la Ville de Québec s’appuie sur une interprétation incomplète du Règlement sur l’élimination et l’incinération de matières résiduelles (REIMR) pour s’en tenir à deux campagnes annuelles d’échantillonnage, à tout le moins en ce qui concerne les contaminants prévus au règlement. 

Ce nombre très limité de tests signifie que pour 99,7 % du temps d’opération de l’incinérateur, soit l’équivalent de 364 jours par année, il n’y a eu aucune vérification des émissions de plusieurs contaminants.  Depuis 1974, année après année, on ignore donc la plupart du temps ce que contiennent les centaines de tonnes de gaz qui sortent quotidiennement de l’incinérateur.  

Nous ne pouvons qu’être étonnés que des tests à ce point espacés dans le temps aient déjà permis d’identifier autant de dépassements des normes. Les tests à l’incinérateur, c’est un peu comme les tests pour contrer le dopage aux Jeux olympiques : plus ils sont espacés dans le temps, moins souvent on peut démasquer les contrevenants et éventuellement les empêcher de participer.

Yvan Ouellet et Marcel Paré, citoyens du quartier Maizerets

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OLYMPIQUES INACCESSIBLES

L’autre jour, mes petits-enfants me demandaient comment ils pourraient avoir accès aux Olympiques en luge et en bobsleigh. Vraiment, j’ai été surpris de cette demande. Après réflexion, je leur ai dit qu’il fallait déménager soit à Calgary, ou encore Vancouver. Non, mais voulez-vous bien me dire qu’est-ce que ce sport fait encore aux Olympiques en 2018? Combien coûte une piste de bobsleigh, pour présenter des descentes qui ne sont accessibles qu’à une minorité d’athlètes qui ont dû payer une fortune pour être là? Finalement, mes petits-enfants vont continuer de glisser dans la cour arrière ou sur les plaines d’Abraham, le bobsleigh est trop dispendieux. Vite des changements pour ne pas perdre d’intérêt. 

Serge Duchesne, Québec

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ÉCOLES PRIVÉES: UN APPEL À LA TRANSPARENCE 

L’annonce de Québec Solidaire concernant la fin du financement du réseau privé d’enseignement n’étonne pas vraiment compte tenu du positionnement de gauche de la formation sur l’échiquier politique. La «première promesse électorale» que s’engage à réaliser un gouvernement de QS, s’il est porté au pouvoir, a le mérite d’être claire. Ce qu’il faut souhaiter, c’est autant de transparence de la part des autres formations politiques.

Contrairement à ce que prétend QS, la position du Parti Québécois est clairement énoncée à la section 5.1 de son programme : «Diminuer de façon significative et graduelle le financement public des écoles privées, dans un premier mandat, dans une optique de valorisation de l’école publique, et investir les sommes récupérées dans le système public d’éducation. […]» Elle n’apparaît sans doute pas assez radicale pour les solidaires, mais elle n’en demeure pas moins limpide. À la guillotine, on préfère le supplice de la goutte d’eau, mais à terme, l’effet sera le même : la disparition pure et simple de plusieurs écoles privées.

Malgré quelques déclarations peu engageantes, aucun écrit n’apparaît explicite à ce sujet du côté des libéraux et des caquistes. On comprend la prudence qui guide leur réserve, par crainte de perdre des points dans les sondages, mais une telle attitude est irrespectueuse d’un électorat qui a le droit de connaître la position d’un futur gouvernement sur un enjeu aussi important de notre société. Le financement de l’enseignement privé est l’objet d’attaques régulières de la part des centrales syndicales ou d’organismes comme le Mouvement L’école ensemble qui, bien à tort, s’imaginent que l’amélioration du réseau public passe par l’abolition des subventions aux écoles privées. 

Si elles se targuent de faire de l’éducation une priorité, nos formations politiques ont une obligation de transparence en inscrivant explicitement dans leur programme, avant la prochaine élection, leur intention quant au maintien, ou non, du financement de ce qui constitue l’un des deux réseaux d’enseignement au Québec. 

Guy Bouchard, Québec