L’Impact du 3e lien sur le développement

POINT DE VUE / Dans le débat sur le 3e lien, il est facile de perdre de vue l’essentiel, entre le matraquage propagandiste des groupes préconisant une densification à outrance et un accroissement massif des dépenses en transport en commun, et l’argumentation un peu simpliste de ceux qui prétendent qu’un 3e lien solutionnerait la congestion routière entre les deux rives.

Le principal mérite d’un 3e lien à l’est n’est pas de réduire la congestion routière, mais de rééquilibrer le développement urbain de l’agglomération de Québec et de consolider son unité. On sait en effet que l’est de Lévis et de Québec vit une situation de dévitalisation (pour ceux qui en douteraient, il suffit de se promener dans le voisinage des Galeries Sainte-Anne pour s’en rendre compte), tandis que l’ouest est en situation de surdéveloppement en raison de la localisation des deux ponts actuels. La poursuite de ce surdéveloppement, qui serait la conséquence d’un 3e lien à l’ouest et de l’absence de mesures à l’est, constituerait une menace directe à la survie même des quartiers résidentiels de Sainte-Foy et de Sillery riverains du boulevard Laurier, où l’implantation du tramway viendra par ailleurs accroître la pression immobilière. Cela ne dérange peut-être pas ceux qui font leur credo de la lutte contre l’auto et le bungalow, mais il s’agirait de la destruction d’un milieu de vie de qualité et d’une expropriation déguisée des résidents actuels. 

L’effet négatif qu’aurait un 3e lien à l’est sur la vocation agricole des terres situées à l’est de l’agglomération (Beaupré, Bellechasse, île d’Orléans) est un argument fort discutable. 

La poursuite du surdéveloppement actuel à l’ouest de l’agglomération se traduirait en effet par une menace encore pire pour les terres agricoles situées à l’ouest (Portneuf, Lotbinière), dont la valeur agronomique est souvent supérieure. De plus, il est faux de prétendre que tout développement urbain entraînerait automatiquement une érosion de la vocation agricole des terres, s’il y a une application intransigeante du zonage agricole.