Un Brésilien portant un masque de protection durant des funérailles à Rio de Janeiro, mercredi.
Un Brésilien portant un masque de protection durant des funérailles à Rio de Janeiro, mercredi.

Limiter sa liberté pour se protéger

POINT DE VUE / On est en droit de se demander pourquoi la pandémie du coronavirus a trouvé des terreaux de propagation aussi fertiles aux États-Unis et au Brésil?

Pour combattre la transmission du virus, les États doivent restreindre drastiquement les libertés individuelles. On n’a ici qu’à penser à tous ces gens qui se sont retrouvés emprisonnés dans leur résidence pour personnes âgées au Québec, eux qui avaient pourtant payé un supplément pour un bouquet de services spécialisés que ce genre d’établissement était sensé leur fournir et qui s’attendaient plus à des privilèges qu’à des entraves à leur liberté. Ça nous aide à comprendre leur frustration. Le gouvernement du Québec a pourtant décidé que le bien collectif devait avoir préséance.

Dans des pays comme les États-Unis où les privilèges que nous accorde la richesse ont plus souvent priorité sur le bien collectif, une telle situation est beaucoup moins susceptible de se produire. La liberté individuelle s’exerce mieux quand on a tout l’argent qu’il faut pour la mettre en œuvre. Il devient alors la responsabilité de chacun de se protéger ou pas de la COVID-19 et, bien sûr, d’en accepter les conséquences, enfin, celles que l’argent nous permettra de minimiser.

Les États-Unis et le Brésil ont choisi la voie que le gouvernement qu’ils ont mis au pouvoir devait nécessairement choisir, celle qui est dans sa nature profonde: en accepter les conséquences que l’argent permettra de minimiser. Et pour ceux et celles qui n’en ont pas, ce sera tant pis.

Il reste à voir quel sera l’effet à long terme sur ces sociétés. Nul doute que parmi les conséquences non monétaires, le chaos et la violence ont déjà commencé à pointer leur nez. Et quand les riches doivent s’enfermer et dépenser des fortunes en systèmes et personnel de sécurité pour se protéger des pauvres, n’y a-t-il pas là une troublante similitude avec le fait d’être obligé de le faire pour se protéger d’un virus?