L’autoroute 20, la transcanadienne par laquelle transite tout le trafic routier en provenance et à destination de l’est du pays.

Lévis, ville de l’automobile?

POINT DE VUE / Lévis, ville de l’automobile? C’est pourtant ce que plusieurs pensent. On ne se demande pas si cette affirmation est vraie ni pourquoi ce serait le cas.

Lévis résulte de la fusion de plusieurs villes et anciens villages de la rive sud de Québec. Chantier important d’harmonisation des processus administratifs publics hétéroclites de ses villes constituantes, la fusion n’a pas été facile, mais s’est finalement bien déroulée, n’ayant pas eu à être imposée par la loi sur les fusions municipales de 2001.

Malgré ça, le territoire de la ville de Lévis n’en est pas moins divisé en plusieurs secteurs. Cette division est tout d’abord topographique et ce n’est la faute de personne, parce que deux grandes rivières traversent son territoire pour se jeter dans le fleuve Saint-Laurent, coupant la ville en trois grands secteurs dans son axe est-ouest, entre lesquels il n’y a que deux voies de passage multimodes, un pont sur la route 132 (Guillaume-Couture) et un autre pour l’autoroute 20.

À cette division topographique du territoire, il faut ajouter une autre ligne de fracture, dans l’autre sens cette fois, et pas qu’une petite. Il s’agit de l’autoroute 20, la transcanadienne faut-il souligner, par laquelle transite tout le trafic routier en provenance et à destination de l’est du pays, en y ajoutant un échangeur, deux ponts, une rivière et une autoroute vers la Beauce, dans un ensemble monstre où piétons et cyclistes sont comme des chiens dans un jeu de quilles.

L’harmonie politique de cet ensemble de six grands secteurs cache la réalité de grands ensembles physiquement déconnectés les uns des autres. Si nous ajoutons la grande barrière que constitue le fleuve et les interactions nécessaires avec l’agglomération de Québec, il ne faut donc pas se surprendre que les citoyens de Lévis attachent une plus grande importance aux moyens qui leur permettent de se déplacer entre ces grands blocs.

Pour l’instant, l’automobile apparaît comme le moyen de locomotion le plus flexible et abordable pour évoluer dans cet ensemble territorial discontinu. La densité de population de l’ensemble n’est pas suffisante pour justifier une infrastructure lourde de transports collectifs, mais on constate que le centre-ville de Lévis se densifie : on y voit maintenant poindre de plus en plus d’édifices en hauteur, symboles de cette densification.

Dans tous les cas, même avec une augmentation et une densification de sa population, Lévis demeurera pour le prochain siècle une ville qui devra composer avec des actifs qu’elle a hérités de son passé, de son histoire et de sa géographie. Bonne nouvelle : dans quelques années, quand on parlera d’automobile, on ne pensera plus aux moteurs à combustion et à la pollution, mais plutôt aux ressources électriques nécessaires à des déplacements individualisés.

Dans un pays aussi grand et vaste que le Canada, les transports et la mobilité des personnes et des biens vont demeurer au cœur des préoccupations d’une grande partie de la population du pays. Et en ce sens, comme elle héberge en son sein la principale artère routière du pays, Lévis est et demeurera fort probablement plus sensibilisée que d’autres à l’importance de cette mobilité.