L'auteure de cette lettre d'opinion prend la plume pour remercier les policiers de la Ville de Québec.

Lettre à Mylène Moisan

Bonjour Mylène. J’espère que tu ne m’en voudras pas de te tutoyer. Mais pour te raconter les événements qui viennent de bouleverser ma vie et la raison de ma lettre, je trouve plus facile de m’adresser à toi ainsi.

Premièrement, je dois te dire que je suis une citoyenne ordinaire qui a entretenu les préjugés malheureusement trop communs envers les policiers de nos municipalités. Pour moi, c’était des employés civils qui avaient oublié le côté service de leur mandat de travail. Sûrement qu’il y en a effectivement qui l’ont oublié mais je suis en mesure de t’assurer maintenant que ce n’est certainement pas la majorité. Je veux tellement les remercier, alors je prends ce moyen pour adresser ma plus sincère reconnaissance à toute l’équipe des policiers de la ville de Québec qui m’a secouru dans l’épreuve que je viens de vivre.

Mon époux, qui est en dépression sévère, était en tristesse profonde depuis deux jours. Alors jeudi passé, comme j’étais au téléphone avec ma fille, il prend le temps de me dire, «Je t’aime» et part avec son camion. Sur le coup, je trouve cela bizarre mais sans plus. Il ne vient pas dîner et pour ne pas m’inquiéter outre mesure, je vais prendre un café chez une amie.

À mon retour, je ne me possède plus. Le camion n’est pas dans la cour et je suis morte d’inquiétude. Jamais il ne part pour aussi longtemps. Amandine, de La Boussole, qui téléphone sur l’entrefaite, me conseille de signaler le 911, ce que j’exécute immédiatement. On me dit qu’un patrouilleur viendra enquêter. Je m’attends à recevoir la visite d’un policier agressif et agressant qui me posera plein de questions indiscrètes. Mais c’est tellement pas ce qui c’est passé.

La gentillesse de cet homme, qui en remplissant son rapport, prend la peine de m’assurer que loin de perdre du temps, les patrouilleurs sont déjà en train d’essayer de localiser le camion de mon époux. De plus, comme mes enfants sont arrivés, il prend aussi la peine de former équipe avec nous. Il nous assigne des tâches, prend au sérieux nos observations qu’il transmet aux autres membres de l’équipe policière. Durant la journée, ce sont les enquêteurs au poste qui nous tiennent au courant des démarches qui sont entreprises.

Le soir venu, deux enquêteurs nous rejoignent à la maison. Elles sont d’une gentillesse et d’une discrétion exemplaires. Elles essaient de trouver avec nous des pistes de solution.

Le lendemain, c’est le même scénario qui se répète. Les caméras de surveillance repèrent son camion, mais le perdent passé Lévis. Comme les vingt-quatre heures de disparition approchent, l’équipe policière nous expose comment les mesures deviendront beaucoup plus intenses pour retrouver mon mari. Heureusement, le miracle s’est produit, mon mari est revenu de lui-même et les enquêteurs l’ont accompagné à l’hôpital. Pour l’instant, l’histoire finit bien.

Pourtant, je ne peux passer sous silence l’intervention extraordinaire de l’équipe policière de la Ville de Québec. Je leur ai promis d’envoyer une lettre au journal Le Soleil pour exprimer ma reconnaissance. Je trouve que malheureusement c’est si rare que quelqu’un prenne la peine de remercier ces hommes et ces femmes pour le travail tellement généreux qu’ils font.

Merci de tout mon cœur à toute l’équipe,

Claire Groulx, Québec