Le pont de l’île d’Orléans

Les politiciens réagissent aux décibels et carburent aux votes... mauvais pour le bien commun

POINT DE VUE / Le vaudeville auquel nous assistons autour du Pont de Québec qui s’écaille, du projet de tramway dont le financement s’émoustille au gré de la joute politique, du remplacement du pont de l’île d’Orléans qui est plus que nécessaire et du fameux troisième lien dont la pertinence ne sera même pas démontrée avant sa conception... nous indigne au point de rêver nous aussi à la mise sur pied d’une Agence des infrastructures de transport.

Comme le rappelle l’économiste Pierre Fortin dans l’Actualité d’avril, l’ancien ministre Sylvain Gaudreault avait présenté un projet de loi (no 68) en ce sens en décembre 2013, mais l’élection d’avril 2014 a scellé le sort de cette excellente initiative.

Il est grand temps de retirer des mains des politiciens des enjeux de mobilité qui engagent autant de ressources et qui ont autant d’impact sur notre avenir, notre santé et celle de notre planète. Une société d’État pourrait aussi nous mettre à l’abri des lobbys trop influents, comme celui des promoteurs immobiliers qui font la pluie et le beau temps en matière d’urbanisme. La densification extrême que le projet du Phare provoquera à proximité de voies déjà surchargées, l’étalement urbain absurde auquel s’accroche le maire Lehouiller dans sa vision passéiste du développement et l’arrivée impromptue d’un troisième lien à l’est sont des illustrations manifestes de l’incompétence des politiciens qui rejettent les données probantes au profit du clientélisme. Honteux!

À défaut de pouvoir peinturer adéquatement un pont afin d’assurer son caractère patrimonial incontestable, les politiciens se peinturent eux-mêmes dans le coin en soutenant des projets insoutenables.

Et pendant que les politiciens mégalomanes peaufinent leurs rêves, les citoyennes et citoyens de l’île d’Orléans voient leur nouveau pont repoussé sous la pile des tergiversations entourant le fameux troisième machin, le pont de Québec continue de voir son rail sous-utilisé par un transport ferroviaire régional quelconque, l’aménagement rationnel de la tête des ponts tarde encore et le financement d’un projet qui fait pourtant consensus, le tramway, soulève des inquiétudes inutiles et contre-productives.

Nous ne vivrons jamais dans un monde parfait, mais est-il possible de faire mieux que le triste spectacle auquel certains politiciens (*) nous soumettent quotidiennement.

(*) Cette fois, le masculin n’inclut pas le féminin, car nous considérons que Mme Catherine Dorion tient le juste discours sur cet enjeu. Bravo!