Dans les Maisons des aînés ainsi que dans les Maisons alternatives, les espaces communs sont prévus pour que les résidants puissent accueillir leurs proches.

Les maisons des aînés, le chantier d’une génération

POINT DE VUE / Marguerite Blais, ministre des Aînés, vient de dévoiler le nouveau concept gouvernemental des futures maisons des aînés (en perte d’autonomie modérée à majeure), jumelées à des pavillons alternatifs (besoins spécifiques d’une clientèle adulte de moins de 65 ans). Des lieux axés sur le bien-être et non plus des hospices. Dignité, respect et empathie en sont le leitmotiv.

Une empathie gouvernementale qui fait chaud au cœur, considérant que plus de 3000 personnes sont toujours en attente d’un hébergement longue durée. Et ce nombre augmentera forcément au cours des prochaines années, en raison de l’allongement de l’espérance de vie.

Une empathie, soit dit sans ironie, qui suscite le goût d’aller vivre dans de tels milieux où, à en juger les maquettes rendues publiques, on propose des chambres individuelles, munies de douches adaptées, des aires communes permettant la socialisation et des salons aménagés pour les proches aidants qui pourront même y séjourner au besoin. Cela sous les meilleurs auspices et le dévouement d’un personnel médical omniprésent, question d’humaniser l’environnement.

Qui plus est, la trentaine de ces maisons promises d’ici 2022 devraient remplacer en partie les actuels CHSLD, déjà bondés et dont la désuétude fait peine à voir. «Faire du neuf avec du vieux», ça fait un temps!

Néanmoins, quelques questions se posent :

Quels seront les coûts inhérents à la mise en œuvre de cette nouvelle politique d’hébergement? 

Comment seront établies les priorités de placement, voire les règles d’hébergement ou indices d’autonomie entre les personnes déjà en CHSLD et celles en attente depuis déjà trop longtemps? 

La grande majorité des patients pourront-ils assumer les coûts associés à un tel bien-être? 

Et comme il manque déjà plus de 32 000 préposés aux bénéficiaires, par quels moyens sera gérée cette importante pénurie de ressources humaines, véritable «épée de Damoclès» s’il en est, puisque la ministre a déjà fait le pari de trouver le personnel nécessaire?

Enfin, l’Europe semble bien nous servir d’exemple... pour avoir déjà fait de ses aînés une priorité, un choix de société.

Oui! Un choix de société qui commande : une estimation réaliste des besoins à moyen et long terme, une planification probante des différents chantiers à mener, des investissements gouvernementaux et sociaux majeurs et d’envergure. 

Enfin, considérant les enjeux humains, organisationnels, structurels, économiques et financiers de ce projet, le gouvernement devra faire preuve d’une volonté soutenue pour atteindre les résultats attendus et mesurables, par le biais d’une nécessaire reddition de comptes des administrations de ces établissements, tel qu’exigée par la ministre Blais, et ce, à l’instar de toutes autres organisations publiques et parapubliques.