Les limites du pacte anti-suicide

J’aimerais réagir à l’initiative de Laurent Proulx et du pacte anti-suicide. Je n’ai rien contre la prévention du suicide des soldats. Mais, en entrevue à la radio, Laurent a insisté pour dire qu’il n’était pas là pour revendiquer quoi que ce soit. Ça démontre les limites de son initiative qu’il juge lui-même modeste.

Ce n’est pas le fruit du hasard si les militaires se suicident en plus grand nombre que les civils. Ils ont eu des expériences traumatisantes pouvant causer un étiolement du réseau social qui les isole. Une personne suicidaire est une personne considérant que le monde se portera mieux si elle n’y est plus. Elle pense que son existence est une nuisance pour ses proches. Ce dont elles ont besoin, c’est de sentir que leur présence est importante.

Que se passe-t-il une fois que le pacte est signé? Retourne-t-il chez lui ruminer du noir, sans créer de liens sociaux, sans suivi et sans ressources ? Et surtout sans toucher à la cause de la détresse qui, elle, reste intacte?

Toute la responsabilité repose sur les épaules du soldat suicidaire. Et si un soldat survit à une tentative de suicide, deviendra-t-il un traître aux yeux de ses camarades? L’initiative est, au mieux, simpliste.

François G. Couillard
Québec