Le ministre de l’Éducation, Jean-Francois Roberge,­ a aboli les Commissions scolaires. La Loi 20, propulsera positivement l’administration scolaire vers l’excellence, écrit Yvon Côté.
Le ministre de l’Éducation, Jean-Francois Roberge,­ a aboli les Commissions scolaires. La Loi 20, propulsera positivement l’administration scolaire vers l’excellence, écrit Yvon Côté.

Les lamentations des pleureuses

POINT DE VUE / Je comprends bien les pleurs, voire les vociférations de représentants politiques qui dénoncent le vote, par bâillon, sur l’abolition des commissions scolaires (Loi 40). Mais mon présent propos ne vise pas la manière de l’avoir votée, mais plus le contenu et l’application de la loi qu’il était urgent de mettre en œuvre, à mon avis.

Voyons le passif de l’ancien système scolaire et de sa gestion centenaire.

Soit, les commissions scolaires ne seront plus là; en tout cas, plus celles-là que les citoyens, hélas, ne fréquentaient d’ailleurs plus du tout depuis belle lurette, tout au plus 5 % d’entre eux! Soit, la nouvelle gérance de l’enseignement, le Centre des services scolaires, sera probablement plus centralisée, mais, semble-t-il en même temps, elle sera directement connectée à la base et sur la pratique des services académiques et de services psychopédagogiques, avec une administration plus «locale», ce qui aurait dû être fait il y a longtemps d’ailleurs.

Mais alors, où sera donc la catastrophe annoncée dans une réforme pareille?

Dans les dénonciations indignées des «pleureuses» qui y voient et déplorent là le manque de démocratie dans la gestion régionale des écoles publiques? Quant à moi, j’y perçois justement le contraire, puisque la ligne de décision, ne passant plus par des commissaires peu avisés des exigences pointues de l’instruction de nos jours, devient directement connectée aux écoles et aux services didactiques, psychologiques et pédagogiques des écoles mêmes! N’est-ce pas là, enfin, une belle avancée pour demain, garantissant ainsi des réponses énergiques et plus pertinentes pour les attentes locales. Ce qui n’était guère la situation avant l’entérinement de cette loi.

Mais qu’avaient-ils donc fait, de tout ce temps, ces commissaires aujourd’hui agonisants, pour propulser une démocratie plus élargie en faveur de la participation citoyenne dans leur communauté locale? Plus encore. Où étaient ces mêmes leaders scolaires dans la fourniture d’équipements didactiques et l’offre de personnels spécialisés pour les clientèles en difficulté d’apprentissage? Tout cela était trop cher, toujours, pour eux, restés complices des payeurs en taxes... hommes d’affaires d’abord avant d’être parents!

Mon statut de parent et d’enseignant m’a plutôt laissé sur ma faim, à ces égards, tant nous, les parents et enseignants, étions généralement laissés pour compte. Toujours il y avait des délais répétés et néfastes dans l’implantation des réformes proposées au cours des dernières décennies (comme les retards fatals dans la mise en œuvre de nouveaux programmes, négligence dans l’engagement d’aides pédagogiques nouvelles et poussées, comme les spécialistes didactiques de même que pour l’assistance spécialisée dans l’apprentissage, etc).

Ces innovations et interventions modernes, les commissaires n’en voyaient guère les avantages, les jugeant même trop coûteuses et inappropriées (sic!). Bref, la vision peu pédagogique de ces commissaires a causé, hélas, des dommages innommables auprès des écoliers et dans les diverses clientèles d’étudiants, faisant ainsi fi des exigences toujours plus pointues des conditions d’apprentissage nouvelles dans ces écoles modernes.

Mon espérance à l’égard de cette nouvelle réforme administrative scolaire réside justement dans cette «obligation de résultats», en collaboration avec les enseignants, premiers maîtres d’œuvre et souverains dans leur activité (ce qu’on ne leur reconnaît toujours pas!), et avec aussi les personnels scolaires divers, tous, bien sûr, en accord et en communion de visions avec les parents plus qu’avec la gent d’affaires ou politique traditionnelle, comme ça a été trop longtemps le cas dans le passé.

La Loi 20, quant à moi, propulsera positivement l’administration scolaire vers l’excellence, tout en rapprochant les intervenants professionnels vers une grande efficacité et des résultats accélérés.