Les femmes optométristes dénoncent l’attitude du ministre Barrette

Pourquoi le ministre Gaétan Barrette continue-t-il de s’acharner sur le plus petit groupe de professionnelles de la santé offrant des services dans le cadre du régime public d’assurance maladie? Nous sommes près de 1000 femmes optométristes, soit 70% des quelque 1400 optométristes au Québec qui offrons des services optométriques appréciés aux quatre coins du Québec. Nous souhaitons ardemment que la Journée internationale des femmes fasse enfin entendre raison au le ministre Barrette.

Pourquoi le ministre Barrette continue-t-il de s’acharner sur le plus petit groupe de professionnelles de la santé offrant des services dans le cadre du régime public d’assurance maladie? Nous sommes près de 1000 femmes optométristes, soit 70% des quelque 1400 optométristes au Québec qui offrons des services optométriques appréciés aux quatre coins du Québec. Nous souhaitons ardemment que la Journée internationale des femmes fasse enfin entendre raison au le ministre Barrette.

Après avoir récemment adopté un arrêté ministériel interdisant aux optométristes de devenir non-participants au régime public jusqu’en février 2020, le ministre Barrette continue d’ignorer nos demandes pourtant justifiées. À la suite de son coup de force, le ministre ferme les yeux devant une évidence: les tarifs actuels payables en vertu du régime public ne permettent même pas de couvrir les frais d’exploitation reliés à nos services professionnels rendus à la population assurée, soit les moins de 18 ans, les 65 ans et plus et les prestataires de la sécurité du revenu. Nous avons été très, très patientes. Avec une entente échue depuis avril 2015, nous demandons depuis 15 ans un rattrapage important basé sur l’augmentation des coûts d’exploitation.

Le ministre prétend que nous refusons d’ouvrir nos livres comptables, ce qui est totalement faux. En effet, dans le cadre d’une étude conjointe ministère de la Santé et des Services sociaux et de l’Association des optométristes du Québec, effectuée en 2013 par une firme comptable indépendante, il a été démontré hors de tout doute qu’une fois nos frais d’exploitation payés, nous encourons un déficit lors de chaque visite d’un patient assuré par la RAMQ.

Le ministre Barrette invoque l’importance de continuer à offrir des services optométriques à la population assurée. En même temps, il ignore ses responsabilités. C’est le gouvernement qui décide qui sera couvert et c’est le gouvernement qui doit acheter les services de professionnels en leur versant des honoraires justes et équitables. Les optométristes ne sont pas obligés de participer au régime public, mais veulent continuer à le faire si la rémunération est adéquate. Quelle profession accepterait d’être forcée de travailler à perte?

Nous sommes en colère face à l’acharnement du ministre Barrette et plus que jamais décidées à obtenir un traitement équitable dans le cadre du renouvellement de l’entente, malgré la tentative du ministre Barrette de nous rendre pieds et poings liés.

Dre Marjolaine Baril-Nadeau, OD
Dre Julie Rodrigue, OD