Les excuses de Jolin-Barrette

Perçu comme une personne plutôt froide et généralement insensible, c’est avec une émotion qu’on ne lui connaissait pas que Simon Jolin-Barrette a présenté ses excuses aux Québécois après le fiasco de sa réforme du Programme de l’expérience québécoise (PEQ). «J’aurais dû davantage consulter les différents partenaires du milieu économique, du milieu éducatif également», a déclaré le ministre.

De son côté, le premier ministre Legault a réitéré sa confiance au ministre de l’Immigration, faisant de la sorte fi des demandes du chef intérimaire du PLQ, Pierre Arcand, et de la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, qui avaient réclamé auparavant la rétrogradation de Jolin-Barrette pour incompétence. 

Partant du constat que le ministre de 32 ans cumule, en plus de sa fonction de ministre de l’Immigration, celles de ministre de l’Inclusion du Québec et de leader parlementaire du gouvernement depuis le 18 octobre 2018, une tâche pour le moins lourde qui l’a conduit à porter sur ses épaules au cours des derniers mois l’épineux dossier de la Loi 21 sur la laïcité du Québec en plus de celui, tout aussi délicat, de la réforme du système d’immigration, l’avenir nous dira si sa subite «conversion à la consultation» fera désormais partie de la stratégie de Jolin-Barrette ou si elle n’aura répondu qu’à une situation circonstancielle à laquelle il a dû se plier malgré lui.

Henri Marineau, Québec