Les durs à la tâche et les flancs-mous

Le nouveau gouvernement caquiste veut mettre la fonction publique au pas et y abolir 5000 postes par attrition. C’est une mesure qui fera peut-être plaisir au bon peuple et économiser de l’argent au Conseil du trésor, mais François Legault doit voir plus loin. 

Prenons un exemple concret. Jusqu’à maintenant, les dossiers de pension alimentaire à Revenu Québec sont assignés à des fonctionnaires (à raison d’environ 500 dossiers pour chacun). Mais à compter du printemps 2019, ils seront tous versés dans ce qui est dénommé dans le jargon un «bassin». 

En clair, plus un seul fonctionnaire n’aura de dossier à son nom. Que se passera-t-il? Comme les dossiers seront mis en commun, les fonctionnaires qui faisaient le minimum dans leur filière — mais qui travaillaient quand même, parce que les citoyens étaient là pour veiller au grain et déposer des plaintes, si nécessaire — travailleront encore moins parce qu’il sera plus ardu de mettre un nom sur celui qui a dormi au gaz dans un dossier donné. 

Quant aux fonctionnaires, dont les dossiers étaient nickels, ils travailleront plus dur qu’avant. Pourquoi? Parce que c’est plus fort qu’eux, un dossier doit être en ordre. Ils se taperont donc le travail des flancs-mous, en plus de celui qu’ils feront normalement. À terme, les bons fonctionnaires s’épuiseront à la tâche et certains tomberont malades, alors que les flancs-mous et les placoteux seront aux anges. 

Le premier ministre Legault doit soutenir ses fonctionnaires qui bossent dur et faire travailler ceux qui profitent du système. Pour cela, il doit voir à ce que les gestionnaires prennent les bonnes décisions, celles qui sont dans l’intérêt des Québécois. Après quasiment 15 ans de règne libéral, une analyse des politiques de gestion dans la fonction publique s’impose. Car cette pratique qui a consisté à caser des libéraux dans la haute fonction publique pour services rendus a affaibli cette dernière.

Sylvio Le Blanc
Montréal

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MESQUINE STRATÉGIE

Notre cher maire Régis Labeaume commence par traiter ses adversaires de l’opposition «d’autistes» pour une simple question de vitesse sur le boulevard Henri-Bourassa. Suite au mécontentement que cela provoque, il s’excuse auprès des parents et des autistes, mais ajoute qu’il s’excuse en plus auprès des autistes de les avoir associés à l’opposition. Cette mesquine stratégie nous démontre à quel point l’orgueil d’une personne prend parfois le dessus sur sa sincérité. J’en arrive donc à la conclusion que M. Labeaume s’est servi deux fois des autistes pour attaquer l’opposition ce qui nous révèle une mauvaise foi évidente de sa part et un manque de respect pour les autistes, l’opposition et tous ceux qui dénoncent ses petits emportements...

Jacques Nicole
Québec