L'auteur de ces lignes s’engage à proposer un concept d’aménagement de l’entrée de l’Île dont «l’état actuel de désuétude est une véritable honte».

Les citoyens de l'île d'Orléans ont le droit de savoir

En réaction au point de vue «La fin des villages à l’île : une vision inquiétante», paru le 29 octobre

«La fin des villages à l'île : une vision inquiétante» 

L’ex-maire de Sainte-Pétronille, M. Bernard Dagenais, nous a servi en fin de semaine dans cette page, sa thèse apocalyptique sur l’éventuelle fusion des municipalités de l’île d’Orléans (la fin des villages, la disparition des bienfaits de la démocratie de proximité) et accuse les «fusionnistes» de désinformation et de liens étroits avec le monde des affaires pour favoriser le développement. C’est pourtant bien lui qui se rend coupable de désinformation et voici pourquoi.

M. Dagenais traite de «fusionnistes» les candidats qui soutiennent, entre autres choses, le projet d’une analyse objective de la gouvernance actuelle de l’île d’Orléans, des avantages et inconvénients d’un éventuel regroupement sur les plans politique, organisationnel et économique. Il est paradoxal qu’un universitaire comme M. Dagenais s’oppose à une étude qui serait ensuite partagée avec les citoyens en vue d’une décision collective. Il n’y a ni agenda caché ni désinformation dans cette démarche. Les citoyens de l’Île méritent qu’on se penche sur cette question et sont assez intelligents pour en évaluer les éventuelles conclusions.

La fin des villages?

Comment prétendre que les villages de l’Île perdraient leur personnalité en raison d’un changement de structure politique? Demandez au maire Dominique Tremblay de l’Isle-aux-Coudres ce qui est advenu des villages de Saint-Bernard, Saint-Louis et La Baleine qui ont fusionné. Il vous dira que la population de ces villages ne voudrait pas aujourd’hui revenir en arrière. La même chose pour Baie-Saint-Paul qui comptait auparavant trois villages avec 3 maires et 18 conseillers et qui s’en tire très bien aujourd’hui avec 7 élus pour une population de 7000; son maire Jean Fortin vient d’être réélu par acclamation.

M. Dagenais vante les vertus de la démocratie de proximité et prévient du danger de les perdre dans un plus grand ensemble. Il se garde bien de noter que cette démocratie de proximité comporte aussi des effets pervers comme les passe-droits, le népotisme et l’esprit de clocher à l’égard des projets de l’Île. Si la gouvernance de proximité était le modèle par excellence, comment M. Dagenais explique-t-il que sa municipalité n’ait pas encore réussi à traiter ses eaux usées et continue de les déverser dans le fleuve? 

L’ex-maire Dagenais opère une tentative de diversion en axant ses propos sur les dangers d’une fusion, alors que celle-ci n’est pas du tout l’enjeu des élections du 5 novembre. Il détourne l’attention en passant sous silence les véritables enjeux locaux et les engagements des nouveaux candidats qui briguent les suffrages pour changer des choses.

À la municipalité de Saint-Pierre où je suis candidat, mon équipe «Ensemble 2017» s’engage à proposer un concept d’aménagement de l’entrée de l’Île dont l’état actuel de désuétude est une véritable honte. Nous voulons aménager le premier tronçon d’une piste cyclable en espérant que les autres municipalités fassent plus tard la même chose. Nous entendons persuader nos collègues des autres villages de trouver une solution acceptable aux modalités d’application de la loi sur le patrimoine dans le cas des permis de construction. Nous voulons remplacer l’attitude défaitiste et passive des élus dans les dossiers qui nous concernent, comme la construction du nouveau pont et le «3e lien», par une attitude de consensus et de représentations vigoureuses.

Voilà donc quelques exemples concrets des vrais enjeux de l’élection. Nous sommes loin des propos alarmistes tenus par M. Dagenais. Celui-ci aurait rendu un meilleur service à sa communauté en s’attardant aux enjeux propres à Sainte-Pétronille et en pérorant sur le bilan de son maire actuel, Harold Noël, qu’il ne se gêne pourtant pas de critiquer.

Jacques Paradis, candidat à la mairie de Saint-Pierre et ex-président de «Une île, une vision»