Faut-il se réjouir que le Conseil national de la CAQ aborde une franche discussion sur l'enjeu environnemental? Oui, franchement. D’autant plus que plusieurs critiques ont fusé quant au peu d’intérêt manifesté par le parti aussi bien durant la campagne électorale que depuis l’installation de François Legault à la gouvernance du Québec.

L’enjeu de l’environnement au conseil de la CAQ... du sérieux?

POINT DE VUE / Le Conseil national de la CAQ aborde une franche discussion sur l’enjeu environnemental à Montréal ce week-end.

Faut-il s’en réjouir? Oui, franchement. D’autant plus que plusieurs critiques ont fusé quant au peu d’intérêt manifesté par le parti aussi bien durant la campagne électorale que depuis l’installation de François Legault à la gouvernance du Québec.

Or, certains commentateurs déplorent la teneur par trop théorique des recommandations environnementales qui sont annoncées au Conseil national. On semble reprocher, surtout, l’absence marquante de moyens concrets qui n’apparaissent pas au cahier des résolutions déposées.

Faut-il vraiment s’en désoler? À mon avis, non, pour une simple raison de méthode de travail. Je m’explique.

Les critiques visent particulièrement la formulation théorique trop globale des propositions à être étudiées au Conseil national de la CAQ, dont la teneur porte surtout sur l’environnement, sujet tenu tabou par la CAQ, disait-on. Est-ce là un réflexe trop prudent de l’ancien député fédéral que j’ai été?

En tout cas, ma vision des choses, quant au processus de consultation de la «base», me fait dire qu’il serait irresponsable de définir trop tôt des moyens d’actions lors d’un Conseil de militants... non élus ni redevables, tout cela sans en connaître les tenants et aboutissants. Par exemple, connaissent-ils la capacité financière de l’État et de sa gouvernance pour mettre en œuvre toutes ces propositions? Et, surtout, qu’en serait-il de l’échéancier pour l’application de toute la programmation proposée par les militants, sans connaître les obstacles de parcours... inévitables, surtout avec l’enchevêtrement des intervenants, plus ou moins avisés ou intéressés, appelés à s’impliquer dans un tel processus? La formidable complexité de l’enjeu environnemental de cette session constitue justement un heureux exemple quant à la prudence à investir dans une discussion collective. Ces seules incidences nous convainquent de la difficulté de préciser d’avance la configuration d’un plan d’actions concertées et applicables.

Ceci dit, il m’apparaît donc imprudent et illusoire de laisser les militants (généreux et sincères, j’en conviens!) tricoter trop rapidement des moyens concrets pour mettre en œuvre des objectifs que l’on veut transmettre à un gouvernement déjà élu et aux commandes de la gouvernance.

À cet égard, je précise qu’il ne s’agit pas ici de priver les militants de leurs opinions, en leur interdisant de préciser les moyens d’action. Mais il faut simplement comprendre que ces militants, ignorant aujourd’hui les limitations des ressources disponibles (financières, légales et de répercussions politiques, etc), pourraient pointer des moyens aussi irréalistes qu’inapplicables dans la gouvernance, pour ne pas dire farfelus.

C’est en cela que la conscience du militantisme prend alors toute sa valeur, c'est-à-dire qu’elle oblige les militants à suivre et à rappeler leurs leaders à l’ordre, qu’ils auront catapultés au pouvoir.

J’ai confiance dans cette nouvelle génération politique, peu importe son statut et niveau, que ce soit un parti (nouvelle identité, par exemple), un groupe de militants, fussent-ils indépendants, mais consensuels!

Dans ces conditions, la gouvernance démocratique non seulement survivra, mais se fera plus efficace et bénéfique pour les citoyens.

*Yvon Côté est ex-V.-P. du Comité permanent de l’Environnement et ex-député de Richmond-Wolfe (Richmond-Arthabaska), 1988-1993