L’école...on s’en fiche!

POINT DE VUE / Je doute qu’au Québec l’école soit au cœur de nos priorités. Je doute car si c’était le cas, nous n’assisterions pas à la dégradation de la situation qu’on connaît et au troublant constat qui est étalé dans les journaux quotidiennement. On tourne en rond parce qu’on a oublié en cours de route que l’éducation et ses acteurs sont le fondement d’une société en santé.

On manque de profs, on manque de spécialistes pour les soutenir dans des défis souvent inhumains. La situation est gravissime. Les profs qui tiennent le coup sont brûlés, et je me demande bien qui, pourrait être encore attirés par la profession, à la lumière du portrait qu’on brosse de nos établissements scolaires dans les médias parlés et écrits. C’est pourtant un si beau métier!

Il y a quelques années, Sébastien Proulx, ministre de l’éducation à l’époque, a eu l’idée de réunir trois visionnaires, spécialistes de la beauté et de la santé, pour améliorer l’environnement dans lequel nos enfants évoluent et ainsi accroître la réussite scolaire. L’idée de faire appel à des gens extérieurs au monde de l’éducation semblait pleine d’allure. Des yeux neufs pour examiner une situation qui semblait sans issue, pourquoi pas? Mais est-ce vraiment par là qu’il aurait fallu commencer? Être entourés de beaux murs, bien manger, bouger, c’est essentiel, mais si c’est le noyau qui pourrit!

Sait-on vraiment à quoi ressemblent le travail d’un prof, la vie dans une école? Nous avons tous mis les pieds dans une urgence un jour, c’est à ça que ça ressemble, file d’attente en moins car dans une école, il n’y a personne pour faire le triage.

J’ai passé 34 ans de ma vie dans une école, je peux vous esquisser un petit portrait. En plus d’enseigner et de tenter de créer un climat propice aux apprentissages, les enseignants doivent gérer les difficultés particulières de chacun, répondre à des parents qui souvent ont de la difficulté à gérer leurs enfants à la maison mais qui remettent en question l’autonomie professionnelle des profs. Ceux-ci doivent aussi faire de la gestion de classe, de la discipline, de la surveillance, planifier leur enseignement, corriger, assister à des réunions, répondre présents à la formation continue, s’improviser infirmier, psychologue, sexologue, être créateur, acteur et j’en passe.

Les profs ont besoin d’aide, de support, d’encouragement de la part de spécialistes en éducation, des parents aussi, pour donner autant aux élèves en difficulté qu’à ceux qui sont doués. Peut-on penser qu’il n’y ait que des médecins dans un hôpital qui seraient obligés de se taper à la fois l’essentiel et l’accessoire. Impensable! C’est pourtant ça la réalité dans une école.

Les profs ont besoin qu’on les respecte, qu’on leur fasse confiance, qu’on les paie à la mesure de l’importance de ce qu’ils accomplissent jour après jour. La CAQ nous a promis de faire de l’éducation une priorité...j’attends toujours les CAQtions concrètes. SVP, cessons de réformer et évoluons!