Le vaisseau d’or

Si quelqu’un désirait se moquer des Québécois, il pourrait bien citer l’amateurisme qui préside à l’étude du projet de tramway de la Ville de Québec, toujours en mal de bougeotte.

Après l’évanescence du projet de la mobilité durable en 2010, il y a eu celle d’un réseau structurant avec trambus et pôle d’échange sous le Phare en 2020, ensuite celle de ce réseau avec pôle d’échange quelque part sur Hochelaga, puis celle d’un tunnel mal localisé et enfin celle d’un réseau sans trambus. Quant aux coûts, ils sont à l’avenant des changements.

À quoi faut-il s’attendre lors du prochain épisode de ce roman ? Autrefois, les politiciens faisaient les annonces après s’être bien informés chez les bonnes personnes. Par exemple, lorsque Robert Bourassa a annoncé le projet de la Baie-James en 1973, le président de SNC-Lavalin, Bernard Lamarre, était assis à ses côtés. Il agissait comme donnée probante. Aujourd’hui, il n’y a qu’une administration en position conflictuelle pour sauver du naufrage une entreprise qu’elle a improvisée et dont l’avenir pourrait faire penser à celle du Vaisseau d’or d’Émile Nelligan : sombrer «dans l’abîme du rêve».

Jean-Marie Desgagné
Québec