La dernière amélioration significative du réseau d’autobus à Québec remonte à l’implantation des parcours Métrobus, il y a 25 ans.

Le transport en commun, un enjeu capital

Ces dernières années, des milliards de dollars ont été dépensés pour augmenter la capacité routière et agrandir les routes. Les résultats sont décevants : l’étalement urbain se poursuit, le nombre d’automobiles augmente et les embouteillages empirent.

On est même sur le point d’ajouter une voie sur Henri-IV, au coût de 500 millions $ pour deux misérables kilomètres. Pourtant, la Ville de Québec est déjà championne canadienne du nombre de kilomètres de route par 100 000 habitants.

Comble du ridicule, certains hommes et femmes politiques semblent avoir été inspirés par un plan poussiéreux de 1968 pour justifier encore plus d’autoroutes. Pour ceux-ci, l’avenir est dans le passé.

Du côté du Réseau de transport de la Capitale (RTC), la dernière amélioration significative remonte à l’implantation des Métrobus, il y a 25 ans! Bref, on tourne en rond.

C’est donc sans surprise que l’enjeu principal de cette campagne municipale est le transport. Tout le monde s’entend pour dire qu’il y a trop de trafic et qu’on doit faciliter le déplacement des personnes.

À l’instar de la majorité de la population de la ville de Québec, nous croyons que la solution à préconiser est un système de transport en commun accessible, rapide, et efficace. On en parle depuis des décennies, mais il le faut maintenant. 

Pour que cette solution soit accessible, il faut d’abord s’attaquer au prix. Les billets dispendieux peuvent dissuader un chômeur à chercher un emploi ou une fillette de rendre visite à sa grand-maman. Si la clientèle du RTC est en baisse ces dernières années, c’est peut-être en partie à cause des hausses de tarifs, toujours deux fois plus importantes que l’inflation.

Un aller-retour pour un couple d’adultes avec deux enfants coûte environ 22 $, plus les taxes. Acheter une automobile apparaît peu cher en comparaison.

Maintenir la contribution des usagers au budget d’exploitation du RTC à environ le tiers est un objectif louable, mais insuffisant pour garantir l’accessibilité financière au transport en commun. 

On doit aussi s’assurer de l’accessibilité universelle du réseau. De nombreux usagers, vivant avec des limitations physiques ou intellectuelles, voient leur participation sociale réduite parce que l’accès au transport en commun leur est difficile. Avec le vieillissement de la population, cet enjeu gagnera en importance et il vaut mieux y travailler dès aujourd’hui. 

Pour qu’il soit rapide et efficace, le nouveau système de transport en commun doit être de grande capacité : les axes les plus achalandés (parcours 800, 801, 807, etc.) sont exploités à pleine capacité. La «classe sardine», qu’on ne voyait qu’à Montréal il y a quelques années à peine, a fait son apparition à Québec. Ce réseau de grande capacité doit circuler en site réservé, avec priorité aux feux de circulation. Il doit être à l’écart de la congestion pour être compétitif et attrayant pour que les automobilistes s’intéressent au transport en commun.

Selon le ministère de l’Environnement du Québec, le transport routier représentait 43 % des émissions totales des émissions de gaz à effet de serre en 2013. Un bon système de transport en commun permet de réduire le nombre d’autos en circulation. S’il est électrifié, la baisse de pollution est encore plus prononcée. 

Il faut faire vite, car l’argent est disponible en ce moment au provincial et au fédéral.

Il y a un engouement certain pour le transport en commun. On l’a constaté dans la vaste majorité des interventions lors des consultations publiques menées depuis juin. Les comités de citoyens et citoyennes, les conseils de quartier, les groupes écologiques, les jeunes de Québec pour la mobilité durable, les gens d’affaires, les promoteurs immobiliers aussi se manifestent. Plusieurs associations étudiantes réclament une tarification réduite depuis des années.

Tous les enthousiastes d’un système public de transport sont donc invités à le faire savoir dans une manifestation familiale le 22 octobre à 14h, au parc de l’Amérique-Française.

Emilie Frémont-Cloutier, Collectif pour un transport abordable et accessible à Québec

Étienne Grandmont, Accès transports viables

Anne-Valérie Lemieux Breton, Regroupement d’éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et Chaudière-Appalaches (REPAC) 

Francois G Couillard, Subvercité