«L’autobus donne la flexibilité de changer les itinéraires pour s’adapter aux nouvelles demandes, ce que le tramway ne permet pas étant donné la rigidité des rails implantés sur l’assiette de la voie publique», écrit Bruno Riendeau.
«L’autobus donne la flexibilité de changer les itinéraires pour s’adapter aux nouvelles demandes, ce que le tramway ne permet pas étant donné la rigidité des rails implantés sur l’assiette de la voie publique», écrit Bruno Riendeau.

Le tramway: décision politique

POINT DE VUE / Une fois atteinte une certaine importance, toute ville a le devoir de fournir un transport en commun pour la tranche de sa population qui n’a pas la possibilité ni les moyens de posséder une voiture. Cette clientèle est composée d’étudiants(es), de personnes à revenus modestes et de celles vivant de prestations sociales diverses, de personnes âgées, de nouveaux arrivants, etc. C’est un droit social.

La deuxième raison souvent invoquée, pour fournir ce service, est d’enlever des voitures sur les rues. Cette hypothèse est hautement téméraire. L’expérience démontre que l’automobile privée fait totalement partie de notre vie de nord-américains. Les journaux, la télévision, nous déversent un flot de promotions incitant à acquérir des véhicules de toutes sortes. Chaque individu espère posséder son permis de conduire et une voiture pour se déplacer librement. D’ailleurs, toutes les villes sont conçues pour l’auto avec un réseau routier.

La ville de Québec a eu un tramway de 1863 à 1948. Le tramway est apparu à l’époque du chemin de fer, empruntant la vieille technologie de roulement d’une roue en acier sur un rail plat, fer sur fer, produisant de la vibration et un niveau sonore élevé. L’automobile n’est arrivée qu’en 1908 avec le Modèle T de Ford construit à Detroit, Michigan. C’est par la suite que l’autobus a remplacé le tramway comme technologie du transport en commun. Aujourd’hui, Québec fournit un service de transport en commun fort convenable via le Réseau de transport de la capitale (RTC). Ce service n’est pas saturé ni sous pression. Pourquoi alors proposer un «Réseau structurant de transport en commun», luxueux et extrêmement coûteux au service d’une minorité et d’une clientèle captive. Le terme «structurant» a été introduit, basé sur la fausse hypothèse qu’il y aura transfert modal, que les automobilistes délaisseront leur voiture au profit du tramway. La décision n’est pas technique et rationnelle. 

Le maire de Québec, M. Régis Labaume, en mission à Bordeaux, a eu le coup de foudre pour le tramway. De retour à Québec, voyant que son rêve de tramway était hors de portée à cause de son coût prohibitif, il s’est rabattu sur le Service rapide par bus (SRB). Ce plan n’a pas obtenu l’acceptabilité sociale souhaitée. Peut-être a-t-il été mal présenté à la population? À cette époque, les élections provinciales étaient en vue et, monsieur Philippe Couillard, se voyant menacé par la Coalition avenir Québec (CAQ), a pensé au tramway comme planche de salut. Il a même déclaré «Régis voit loin, voit gros». Plus récemment, l’élection fédérale à venir s’est ajoutée à l’équation. Trudeau fils est entré dans le piège à sous, pour ne pas dire à souris.

Le projet de Québec nécessite la pose de rails sur plate-forme avec lesquels les citoyens seront pris pour 100 ans. Le tramway est bruyant, produit de la vibration. Sur certaines portions, les autos circulent à la queue leu leu. Imaginez un accident. Tout s’arrête. Les automobilistes ne pourront tourner à cause du tramway et de sa plate-forme. La 1re Avenue sera déconstruite. Idem pour le boulevard Laurier. Il passera dans les cours arrière des résidents de Sainte-Foy. 

Le pôle au Phare, cet autre projet non désiré, pose problème ainsi que la localisation des garages du tramway.

Solution autobus

La solution est le RTC avec des autobus électriques et un système de communication pour répondre à la demande, puis informer les usagers sur leurs téléphones cellulaires.

Les usagers du transport en commun par autobus (RTC) ne réclament pas un tramway. Les automobilistes ne réclament pas un tramway. Le meilleur parcours pour Québec, c’est de développer son transport en commun existant (RTC), soit de garder l’autobus, et non passer par le tramway avant le métro. L’autobus donne la flexibilité de changer les itinéraires pour s’adapter aux nouvelles demandes, ce que le tramway ne permet pas étant donné la rigidité des rails implantés sur l’assiette de la voie publique. De plus, l’autobus offre un service doux, confortable, silencieux et sans vibrations, étant donné son roulement sur pneumatiques. L’autobus électrique pourrait être développé avec une partie de l’enveloppe budgétaire disponible actuellement et garder l’autre partie pour un futur métro quand le temps sera venu. Il s’agit de passer de l’autobus électrique au métro sans passer par l’étape du tramway. Il y a un autobus vert tout électrique construit au Manitoba actuellement testé à Québec par le RTC. Un autre autobus électrique est testé à Lima au Pérou par Hydro-Québec. Le RTC avec un constructeur québécois et Hydro-Québec devrait développer et tester à Québec un autobus tout électrique, fabriqué au Québec, qui pourrait être exporté dans le monde. La ville de Québec deviendrait la référence mondiale.