L'église du Très-Saint-Sacrement est menacée de disparaître.

Le temple des souvenirs, ou l’église du Très-Saint-Sacrement de Québec

POINT DE VUE / À la mémoire du père Conrad Bélanger, éminent prédicateur de ce monument. L’histoire de cette église me touche particulièrement, autant que le fut celle de l’église du Saint-Cœur-de-Marie, ou celle de l’ancienne chapelle des Franciscaines, sises sur Grande Allée.

J’entends encore l’écho du joyeux carillon de cette église, qui se présente comme une cathédrale par la grâce de ses clochers d’inspiration médiévale. Et que dire de la lumière se dégageant de ses vitraux, signés Marius Plamondon ornant le sanctuaire et représentant les apôtres et les évangélistes.

Cette église était un temple de dévotion incomparable, que conservèrent pendant des décennies les Pères du Saint-Sacrement. Ces religieux voués à l’adoration eucharistique et qui célébraient au quotidien les offices, tels des veilleurs en la présence du Seigneur. Que dire aussi du grand musicien qui magnifia ce temple par son talent sublime, aux grandes orgues, Jean-Marie Bussières. Je revois encore sous les voûtes romanes, les tableaux du père Eymard, fondateur de cette congrégation très estimée. Je revois surtout la chasse du père Pierre-Julien Eymard, canonisé par Jean XXIII, au moment du concile Vatican II. Cette chasse élégante contenant  les reliques du saint, revêtu des ornements sacerdotaux, en chasuble blanche et dorée.

La balustrade en marbre, ornée de statuettes en bronze de saints, étaient une merveille d’art. Ainsi que le maitre-autel, où une mosaïque de la Transfiguration du Christ annonçait le saint sacrifice de la Messe. À mon souvenir, cette mosaïque était une oeuvre inspirée du grand Raphaël. Et si nos yeux se dirigeaient vers les autels latéraux, l’admiration du visiteur allait vers une magnifique statue en marbre de Carrare de Saint Tarcisius, martyr de l’Église primitive. La rosace comme une belle mandala domine la haute tribune des orgues. Parmi les noms de ceux qui présidèrent aux destinées de ce temple, je mentionnerai simplement le nom du révérend père Gaudiose Labrecque, ancien curé, au souvenir impérissable.