Le syndicat des «paramédics»?

J’ai vu une affiche posée en face de l’Hôpital Saint-François d’Assise. Elle proclame : «Vous entrez dans une zone à risque / Ici, les paramédics sont surchargés». Elle est illustrée d’une ambulance et porte le sigle CSN (Confédération des syndicats nationaux). On peut supposer que l’affiche et le mot anglais «paramedic» se retrouvent, agrémenté d’un accent aigu il est vrai, sur l’ensemble du pays, de l’Abitibi-Témiscamingue à la Haute Côte-Nord, de la Montérégie au Saguenay-Lac-Saint-Jean. De fait, une douzaine de syndicats régionaux reproduisent l’anglicisme dans leur appellation et s’appellent «Syndicat des paramédics» (de Charlevoix, …du Bas-Saint-Laurent, …de Chaudière-Appalaches, etc.).

Le mot existe en anglais mais pas en français. Un rapide coup d’œil aux dictionnaires de traduction confirme l’observation. L’anglicisme est dénoncé unanimement par l’Office québécois de la langue, par Usito et même par le chroniqueur Paul Roux (2005). Et tous observent la multiplicité des solutions de rechange. La CSN dénonce habituellement le chômage. Pourtant, en employant un mot importé et jugé inutile en français, elle risque de condamner au chômage linguistique «ambulancier», «ambulancier paramédical», «technicien ambulancier» en plus de contribuer à l’anglicisation rampante du français et à sa colonisation. Ce n’est pas ce que les citoyens et citoyennes attendent de la fédération syndicale.

Gaston Bernier, Québec