Selon l’auteur de cette lettre d’opinion, la Ville doit améliorer ou se doter davantage d’infrastructures et de sites de ski de fond. Il ajoute que les gens de Québec méritent mieux pour passer l’hiver.

Le ski de fond, enfant pauvre du loisir municipal

Selon un article d’Ici Radio-Canada, la Base de plein air de Sainte-Foy accueillerait 48 000 visiteurs en hiver dont plusieurs en ski de fond. L’été on y dénombre 177 000 personnes. Au total environ 225 000 personnes s’y présentent par an.

Si l’on comptabilise et compare le nombre de patinoires que possèdent la Ville, on peut conclure que cette dernière investit beaucoup dans les infrastructures de patins. On n’a qu’à penser au 83 000 000 $ qui seront dépensés pour la construction de l’anneau de glace qui sera juxtaposée aux deux glaces jumelles déjà existantes. En contrepartie, si l’on compare au ski de fond, les investissements de la Ville dans le ski de fond ne semblent pas énormes et sont disproportionnés par rapport à la lame de fer.

Dans le projet du 9400 000 $, on ne sait pas s’il y aura des sommes réservées pour l’amélioration physique des pistes. Actuellement, il est vrai que l’on a peu de détails puisque l’entente avec la Ville et le Groupe plein air n’est pas encore complétée. Il serait envisageable que l’entente soit disponible au public pour une plus grande transparence.

À la Base de plein air, les deux seules pistes existantes s’adressent aux skieurs débutants. C’est souvent à ce moment de la jeunesse que le ski de fond devient notre premier amour. Des améliorations peu coûteuses pourraient être envisagées. À titre d’exemple, une autre piste pourrait être aménagée et dont la circonférence pourrait être plus grande. Il y a encore de la place. Également quelques petites buttes ou collines pourraient être élevées puisqu’actuellement le parcours est assez plat (dans les deux sens du terme). Du reboisement sur une bonne partie du site, des améliorations aux deux pistes actuelles ainsi que de légers travaux d’amélioration devraient être faits.

Au point de vue des équipements, la surfaceuse actuelle ne convient plus, car elle n’est pas en mesure de faire un tracé de meilleure qualité. Les palais de glace que sont le centre Vidéotron et le futur anneau de glace ont bien leurs zambonis. Si on fait un parallèle, pourquoi la Base de plein air ne pourrait-elle pas jouir d’une bonne surfaceuse? Pourquoi la Base de plein air ne pourrait pas emprunter la surfaceuse de Val-Bélair chaque jour ou en acheter un neuf ou usagé tout simplement? Les frais récurrents associés au ski de fond sont minimums. Contrairement à la lame, il n’y a pas de systèmes coûteux de maintien et d’entretien de la glace.

Dans un autre ordre d’idée par contre, il est difficile de comprendre le rôle de locateur que la Ville va jouer, car selon l’article Ici Radio Canada du 20 mars 2017, elle louerait des locaux aux fédérations provinciales suivantes : Fédération des pourvoiries du Québec, la Fédération des trappeurs gestionnaires du Québec, la Fédération pour le saumon atlantique et Zecs Québec regroupés sous l’appellation Groupe plein air qui logeront quelque 40 personnes issues de ces organisations. Ça n’a pas beaucoup à voir avec l’hiver, mais bon.

Le ski de fond est un peu l’enfant pauvre comparativement à la lame de fer. Pourtant lors des championnats mondiaux de la FIS qui se sont déroulés deux années de suite à Québec, soit en 2016 et 2017, ces derniers ont attiré pour la seule année 2016 un auditoire télévisuel international de 22 millions d’Européens principalement. Qui plus est, 700 skieurs de fond ont participé à la Lopett du Mont-Saint-Anne (les deux organisés par GESTEV) à la fin mars dont plusieurs participants de l’extérieur. Voilà ce qui génère des revenus touristiques. Quelle belle renommée pour attirer le tourisme hivernal! Pourquoi ne pas faire de Québec une ville de ski de fond à la même enseigne qu’Oslo en Norvège où tous les centres de ski de fond sont gratuits?

Ce n’est pas tout, le plus beau de toute l’histoire, c’est que de nombreuses écoles amènent leurs classes à la Base de plein air pour que des jeunes puissent faire leurs premières armes et se frotter à la neige. Cette initiative permet à plusieurs enfants d’essayer pour la première fois des skis de fond et c’est ça la grande victoire sur quoi la ville doit miser et contribuer à faire sait-on jamais des petits Alex Harvey en devenir.

On n’a plus le choix. La Ville doit améliorer ou se doter davantage d’infrastructures et de sites de ski de fond. Les gens de Québec méritent mieux pour passer l’hiver.

Le devenir de la Base de plein air est promis à un bel avenir à la Central Park aussi longtemps qu’on puisse en faire une bonne planification sur 50 ans.

Peut-on rêver du jour où l’on pourra skier en hiver et rouler en été sur une partie longitudinale d’une des deux voies ferrées (dont l’une des voies longe la Base de plein air) et qui coupent et scient en deux notre belle ville de Québec, mais ça c’est un autre sujet.»

André Boudreault, Québec