Pont de l'île d'Orléans

Le remplissage ne date pas d’hier

POINT DE VUE / En réaction au commentaire de M. Guy Sirois, «À propos du pont de l’île», publié dans le journal du vendredi 29 novembre

Je lisais ce matin qu’un de vos lecteurs suggère de rétrécir le passage par du remplissage afin de réduire les coûts éventuels du nouveau pont à construire, en remplacement du pont actuel.

Le boulevard Champlain, la rue Dalhousie et l’autoroute Dufferin-Montmorency, voici tous des ouvrages issus du remplissage du fleuve. Et ce n’est pas d’hier qu’on le fait. On n’a qu’à marcher dans la rue Saint-Antoine entre l’hôtel du même nom et le Musée de la civilisation pour y voir des repères au sol indiquant la position de la rive du fleuve à différentes époques. Et pour ceux qui l’ignorent ou ne l’auraient pas remarqué, le parc Maizerets était jadis un camp de vacances en bordure du fleuve.

Est-ce qu’on a bien fait? À mon avis, pas toujours. Ce qui a jadis été enlevé au fleuve et à nos rivières, on ne se rend même plus compte aujourd’hui que ce sont des emprunts qui n’ont jamais été remboursés. Et on se surprend que la nature prenne elle-même l’initiative de reprendre ses billes en grugeant du terrain ailleurs par le phénomène d’érosion des berges.

On sait aujourd’hui qu’on devrait chercher à utiliser la nature à notre avantage plutôt que d’essayer de la dompter. La digue de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, et plus loin de nous le désastre écologique et social de la rivière Petitkodiak à Moncton au Nouveau-Brunswick, sont peut-être là pour nous le rappeler.