Le quémandeur

POINT DE VUE / Voici venu le temps des grandes séductions! François Legault qui quémande. Les candidats transfuges opportunistes. Les mamours et autres câlins des partis fédéraux aux Québécois.

Eh oui! Combien encore de ces manigances nauséabondes pour s’arracher le petit «X» que vous tracerez dans la boîte de scrutin. Un refrain déjà connu, me direz-vous dans la belle province. Trêve de cynisme, le premier ministre François Legault a eu le courage de ses convictions en affichant ses quatre demandes aux partis engagés dans la lutte, qui vont dans le sens d’une plus grande autonomie pour le Québec. 

Cependant, on peut s’attendre à ce que celles-ci restent lettre morte passée la tourmente électorale. Cela assurément si Justin Trudeau obtient son deuxième mandat! Bien qu’ils appuient le concept du rapport d’impôt unique administré par Québec, les conservateurs d’Andrew Scheer, au pouvoir, refuseraient sans doute de se laisser prendre un doigt dans cet engrenage qui impliquerait des pertes d’emplois dans la fonction publique à défaut de réaffectations. 

Quant au NPD de Jagmeet Singh, il peut bien faire sienne l’idée de reconnaître la spécificité du Québec dans la constitution canadienne, mais à quoi bon? Cette formation trop à gauche est à des années-lumière du pouvoir! Bref, on peut supposer que le Québec n’y gagnera rien au fil d’arrivée.

En ressort une nette impression que les partis fédéraux tentent d’amadouer le vote d’une frange d’électeurs québécois nationalistes d’âge mûr. Pour les jeunes de la génération des milléniaux, on constate malheureusement que ces débats, pourtant si cruciaux, les laissent totalement indifférents. Il ne faut pas leur en vouloir! Quand vous croyez, comme plusieurs d’entre eux, que l’humanité est aux portes de l’extinction en raison de l’emballement climatique, vous vous contrefichez éperdument de l’avenir du français. Dommage. Car il s’agit bien d’une menace qui planera toujours sur nos têtes. Qu’importe. Encore un long mois à digérer cette bouillabaisse électorale. Ce flirt à la belle et incomprise muse québécoise.

Et après ce 21 octobre? Après? «Que reste-t-il de nos amours?», pourrait fredonner à juste titre le grand Charles Trenet. Niet! Rien, que je vous dis, cher électeur.