«Que s’est-il passé pour que notre soi disant belle province s’en tire si mal en comparaison d’autres juridictions? Pourquoi 168 morts en Colombie-Britannique et plus de 5200 au Québec? Ici on invoque beaucoup les effets néfastes de la semaine de relâche», écrit Guy Gagné.
«Que s’est-il passé pour que notre soi disant belle province s’en tire si mal en comparaison d’autres juridictions? Pourquoi 168 morts en Colombie-Britannique et plus de 5200 au Québec? Ici on invoque beaucoup les effets néfastes de la semaine de relâche», écrit Guy Gagné.

Le Québec a perdu la guerre contre la COVID-19

POINT DE VUE / Avec plus de 5200 morts depuis le début de la pandémie, le Québec a clairement perdu la guerre contre la COVID-19. Le taux de décès en pourcentage de la population est le troisième plus élevé sur la planète, bien plus élevé que celui enregistré aux États-Unis, en France, dans le reste du Canada, etc. 

Très triste bilan. Ce ne sont pas que des statistiques Sur chaque décès, il faut mettre un visage, celui d’un père attentionné, d’une mère aimante, d’un grand-parent comblant d’affection ses petits-enfants, d’un ami irremplaçable, etc. Ces personnes sont souvent mortes seules dans la souffrance, avec le sentiment d’être abandonnées par leurs proches et dans des conditions dignes des pays sous-développés.

Que s’est-il passé pour que notre soi disant belle province s’en tire si mal en comparaison d’autres juridictions? Pourquoi 168 morts en Colombie-Britannique et plus de 5200 au Québec? Ici on invoque beaucoup les effets néfastes de la semaine de relâche. Mais là-bas un pourcentage important de résidents sont d’origine chinoise. Donc un va et vient constant entre la Chine, berceau de la COVID-19, et le Canada. Très tôt, en Colombie-Britannique, les responsables de la santé publique ont commandé du matériel de protection, ont interdit au personnel soignant de se déplacer d’un établissement à l’autre, etc. Ils ont été proactifs!

Au Québec la gestion au départ a été «molle». Récemment, les médias nous apprenaient que le bon Dr Arruda avait été en voyage au Maroc du 26 février au 8 mars dont une semaine en vacances. On a beau nous dire qu’il était en lien avec son équipe, que le tout avait été approuvé par le sous-ministre et la ministre, la non révocation de cette décision devant la dégradation de la situation, n’en demeure pas moins une erreur de jugement.

Pourtant les premiers signaux inquiétants étaient apparus dès le 8 janvier. Lorsque l’ennemi est à nos portes, c’est dans le war room que l’on est le plus efficace…

Dans notre système de santé très centré sur les hôpitaux, les autorités du MSSS ont priorisé le transfert de milliers de patients des hôpitaux vers les CHSLD sachant pourtant déjà que ces derniers étaient à court de personnel. Manque de vue d’ensemble au plus haut niveau! Et, héritage de l’ère Barrette, pas de directeurs généraux dans beaucoup de CHSLD pour tirer l’alarme et pour signaler que la situation était ou deviendrait intenable.

Si nous étions au hockey, on pourrait dire que la partie a été perdue 10 à 3. Les 3 buts étant l’œuvre de la communauté qui a respecté scrupuleusement et avec succès les consignes de confinement. Malheureusement nous ne sommes pas dans un jeu, nous sommes à la guerre et des milliers de vies ont été perdues.

Dès que le premier ministre Legault a été saisi du problème, il a pris rapidement les décisions difficiles qui s’imposaient et il a su très bien les expliquer à la population.

Le problème, c’est le MSSS. Réaction trop lente au départ, mauvaises décisions par la suite. Le MSSS, malgré ses 48 milliards de budget, n’a pas réussi à sauver ceux dont il avait la garde immédiate, les résidents des CHSLD, 3400 y sont décédés! En situation de guerre, il faut analyser vite et décider. Mme McCann se montrait souvent hésitante. Pas pour rien que M. Legault a fait appel à Dominique Savoie, réputée excellente dans la gestion des opérations, pour régler certains problèmes. Ce qu’elle a fait avec brio.

Quand dans une guerre en 2020, on affronte l’ennemi avec le fax comme outil de communication, c’est un bon indice que la guerre risque d’être perdue. C’est aussi un symbole du niveau d’inertie d’une organisation.

D’ici la deuxième vague, M. Legault devra évaluer si toutes les têtes dirigeantes du MSSS ont la capacité d’éviter une nouvelle hécatombe!