Le plus bas soumissionnaire

La règle du plus bas soumissionnaire a fait son chemin jusqu’à la campagne électorale. En effet, son abolition se trouve dans le programme de QS. Cette idée d’abolition présuppose qu’accorder un contrat au plus bas soumissionnaire constitue une probabilité de collusion, d’ouvrages de mauvaise qualité et de risque pour la sécurité publique. Aucune étude sérieuse ne démontre qu’il y a intérêt à abolir cette méthode. L’expérience de plus de 30 années de conception et de réalisation d’ouvrages d’infrastructures publiques permet d’affirmer que le choix de l’entrepreneur qui a présenté la plus basse soumission est la règle qui représente le moins d’inconvénients.

Les interventions faites récemment dans les médias ne semblent pas faire une différence entre les contrats aux entrepreneurs et ceux qui s’appliquent aux services professionnels. Ces derniers peuvent être accordés sur base horaire pour les études et en tarifs négociés ou standardisés pour la conception et la surveillance des travaux mais non sur la base du prix. Quant à la collusion ou autre dérèglement tel que rapportés à la commission Charbonneau, cela est dans le domaine de la police et non de la méthode de gestion.

Certains architectes et ingénieurs rejettent le système du plus bas soumissionnaire et proposent de choisir un entrepreneur sur la base de critères qui ne peuvent être totalement objectifs. C’est ouvrir la porte aux contestations devant les tribunaux, aux retards dans les travaux et à des coûts supplémentaires de toutes sortes. La règle du plus bas soumissionnaire fonctionne bien lorsque la bonne marche des travaux est assurée par la qualité des documents préparés par les professionnels et une surveillance compétente et assidue par ces derniers.

D’autre part, la décision du gouvernement de confier le sujet du plus bas soumissionnaire à un comité d’ingénieurs et d’architectes et non à un groupe indépendant me semble tout à fait inappropriée.

Jean-Marie Desgagné

Québec

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AU-DESSUS DE LA PARTISANNERIE

Monsieur Jean-François Lisée, en offrant aux autres chefs de parti une trêve électorale pour permettre au Québec de dire haut et fort, unanimement, notre volonté que soit respecté le système de gestion de l’offre, s’est élevé au dessus de la «partisanerie» comme nous nous attendons de la part d’un aspirant au poste de premier ministre.

Monsieur Couillard a aussi assumé son rôle de premier ministre en acceptant la main tendue de monsieur Lisée. Quant à Monsieur Legault, il a fait preuve d’une mollesse qui fait douter de son leadership et de sa compréhension de l’importance névralgique de cet enjeu pour toutes les régions du Québec.

Les Québécois et Québécoises auront à en tenir compte au moment de choisir leur gouvernement et la personne qui le dirigera.

Céline McCabe

Québec