Pour l'auteur de cette lettre d'opinion, il devrait y avoir une réflexion en profondeur sur la réorganisation de la psychiatrie à Québec et la concentration des ressources qu’elle entraîne à l’hôpital psychiatrique.

Le plan d’organisation du CIUSSS en psychiatrie à Québec: un non-sens

J’ai appris avec beaucoup d’intérêt que le plan d’organisation du CIUSSS prévoyait un déploiement de ressources en psychiatrie dans la communauté. Je ne peux qu’approuver cet ajout de ressources en première ligne, ce qui est souhaité depuis longtemps.

Le problème est cette concentration de lits à l’hôpital psychiatrique, ce qui a été souligné par quelques collègues. D’après ce qu’on a pu lire dans les journaux, le plan prévoit aussi maintenir 215 lits d’hospitalisation de soins aigus pour la région, situés en centre hospitalier de soins généraux (CHUL) et spécialisés (IUSMQ).

Or, dans le seul centre hospitalier de soins généraux où il sera encore possible d’être hospitalisé en psychiatrie, soit le CHUL, il y a 40 lits. Il est facile de faire le calcul et de comprendre que les 175 autres lits seront à l’hôpital psychiatrique. Ceci n’est jamais clairement évoqué par le CIUSSS. S’il devait y avoir une fermeture de lits, il me semble que cela devrait se faire à l’hôpital psychiatrique et non dans les centres hospitaliers généraux.

Un autre problème, déjà souligné par le Dr Jean Lemieux dans Le Soleil, c’est l’insuffisance de couverture pour les soins physiques à l’IUSMQ alors qu’il est bien connu qu’une proportion importante des personnes souffrant de maladies psychiatriques ont aussi des problèmes physiques. Ceci ajoute à l’incongruité d’hospitaliser davantage à l’IUSMQ.

On peut donc conclure que la grande majorité des malades se présentant dans les urgences pour des problèmes de santé mentale seront, si l’hospitalisation est indiquée, transférés à l’hôpital psychiatrique. Ceci est un non-sens et un retour en arrière inacceptable.

Il me semble donc qu’il devrait y avoir une réflexion en profondeur sur cette réorganisation de la psychiatrie à Québec et la concentration des ressources qu’elle entraîne à l’hôpital psychiatrique.

Carole Ratté, md, ex-chef département de psychiatrie du CHU de Québec, psychiatre retraité, professeur émérite, Psychiatrie, Université Laval