Le Parti conservateur doit migrer de l’ouest vers l’est, de la droite vers le centre

Les délégués du Parti conservateur du Canada (PCC) éliront leur prochain chef en novembre prochain à Québec, soit un an après les dernières élections. Une fois cela fait, les conservateurs voudront défaire le gouvernement minoritaire de Justin Trudeau, afin de profiter de l’impulsion générée par leur course à la chefferie.

Il semble que le premier ministre albertain, Jason Kenney, et l’ex-premier ministre saskatchewanais, Brad Wall, font tout pour convaincre l’ex-ministre conservatrice Rona Ambrose de se porter candidate à la succession d’Andrew Scheer. Si celle-ci se présente et l’emporte, elle connaîtra le même sort que Stephen Harper en 2015 et Scheer en 2019.

Les conservateurs de l’Alberta et de la Saskatchewan me font rire. Ces deux provinces comptent environ six millions d’habitants et elles voudraient imposer les idées rétrogrades de feue l’Alliance canadienne, qui fusionna avec le Parti progressiste-conservateur en 2003, aux huit autres qui comptent 32 millions d’habitants (l’Ontario et le Québec en comptent à elles seules environ 22 millions).

Si le PCC veut avoir une chance de battre Trudeau aux prochaines élections, il doit se choisir un chef bilingue, plus centriste que les deux précédents chefs et pour qui l’environnement n’est pas un vain mot, ce qui exclut d’emblée tout candidat souhaité par l’aile droite pétroleuse du parti.

Sylvio Le Blanc
Montréal