Les condos Sous les bois dans le faubourg St-Michel

Le faubourg St-Michel vidé de son histoire

En réaction à la lettre «Comment l’auto va tuer le faubourg Saint-Michel», de Philippe Mottet, parue le 16 juin

Merci pour votre témoignage émouvant. Le drame est encore plus grave que vous ne le décrivez, car cela se passe dans un site patrimonial déclaré, l’un des 12 du Québec dédiés à la transmission de notre patrimoine culturel. Ils sont en principe protégés par la loi sur le Patrimoine culturel et disposent d’un plan de conservation agréé via des audiences publiques.

Rappelons juste que le site patrimonial déclaré de Sillery (anciennement l’arrondissement historique de Sillery) décrété en 1964 détient un plan de conservation adopté après des consultations monstres en juillet 2013. Les élus et les fiduciaires de ce patrimoine unique ont failli lamentablement. On se demande parfois si on laisserait une telle incursion immobilière se faire sur le site du mont Royal, celui du Rocher Percé et même sur le site fédéral des Champs de bataille (les Plaines). Pourtant, depuis plus de 13 ans, les citoyens, la population locale et le Québec élargi ont signifié lors de trois consultations publiques en 2006, 2013 et 2105 leur souhait de protéger ces espaces uniques en milieu urbain.

Le cas du Faubourg ouvrier St-Michel patrimonial, où le propriétaire doit demander un avis aux fiduciaires pour changer une fenêtre et ne peut installer une haie de cèdres (le cèdre ne serait pas patrimonial), est connu depuis longtemps des autorités. Dès lors que le projet du MUR a été accepté par le MCC et la Ville en 2015 même avant le PPU (certainement pas dans l’esprit du plan de conservation ni dans l’intérêt public au sens patrimonial), les résidents du faubourg ont fait connaître leur volonté de voir le trafic dirigé via les terrains du vendeur vers le chemin St-Louis depuis longtemps jusqu’au Comité de suivi.

Non seulement on leur impose une construction non conforme à l’esprit du lieu, on assombrit et bousille les points de vue des résidents et des visiteurs, mais on veut déverser le trafic généré par ce complexe dans un faubourg patrimonial paisible en ouvrant des culs-de-sac. C’est à n’y rien comprendre et aucune explication n’est fournie par les décideurs.

Lord Durham, il y a presque 180 ans, avait peut-être raison. Nos dirigeants, malgré nos représentations, font de nous effectivement un peuple sans histoire.

Pierre Vagneux, Président de la Coalition pour l’arrondissement historique de Sillery