Le Coriolis II et Rimouski méritent un port de premier plan

POINT DE VUE / L’exil vers Halifax du port d’attache principal du Coriolis II, le seul navire-laboratoire québécois et essentiel à la mission de l’Institut des sciences de la mer de Rimouski, préoccupe le Bloc Québécois et la communauté rimouskoise. Cette solution extrême aux difficultés rencontrées depuis 2015 par les gestionnaires du navire de recherche est révélatrice de l’absence de solution dans des délais raisonnables pour la remise en état du port de Rimouski. La seule technopole maritime du Québec ne doit pas perdre un tel trésor scientifique.

À huit petits mois du transfert de la propriété au gouvernement du Québec, dans quelle condition hériterons-nous du port, combien de temps prendront les travaux essentiels à son utilisation et à combien se chiffrera la correction de plusieurs décennies de négligence par le fédéral? 

Le transfert de quatre ports dans l’est du Québec reflète la volonté du gouvernement de Justin Trudeau de se délester d’un fardeau. En soi, ce n’est pas une appropriation ou une juridiction que le Québec doit refuser. En revanche, il est très clair que l’enveloppe de 163 M$ promise à Québec pour restaurer quatre ports alors qu’il en coûtera au moins 50 millions$ pour Rimouski seulement est un mauvais marché. 

Pour le Bloc Québécois, le fédéral doit céder à Québec des ports et des quais en bon état et procéder aux travaux avant la cession. Les acteurs locaux à Rimouski ont raison de s’inquiéter. L’entente sur la cession des ports de Rimouski, Matane, Gaspé et Gros-Cacouna commande deux constats: le gouvernement libéral renvoie à Québec la responsabilité de réparer ses pots cassés avec des moyens très insuffisants. Ensuite et de toute évidence, les travaux ne seront pas amorcés avant le printemps 2020, sinon beaucoup plus tard. 

Comment se satisfaire de ça alors que le Coriolis II devra lever l’ancre vers Halifax, au Canada, peut-être à long terme? Il ne faut donc pas laisser croire que tout est réglé, comme l’a déclaré récemment le député de Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques, parce que le fédéral a accepté d’en transférer la responsabilité au gouvernement du Québec. 

Le Bloc Québécois juge que les citoyennes et les citoyens de l’Est-du-Québec ont déjà payé de leurs taxes et impôts pour des équipements laissés à l’abandon et dont on veut leur refiler en plus une part de la facture des réparations. La solution est pourtant simple : qu’Ottawa fasse effectuer les travaux immédiatement pour que le port de Rimouski, seule technopole maritime au Québec, soit prêt à contribuer à notre développement économique et scientifique dès le printemps prochain. D’ailleurs, pour Matane, Ottawa a déjà débloqué 1,5 millions$ pour des travaux de réparation d’infrastructure avant et malgré la cession imminente du port au gouvernement du Québec. C’est maigre mais assez pour que le port maintienne ses activités. 

Le Bloc Québécois est engagé sans réserve pour la recherche et la protection de l’environnement fluvial et de l’estuaire du Saint-Laurent. Nous demandons que soit trouvé un aménagement intérimaire afin que le Coriolis II réintègre immédiatement son port d’attache de Rimouski, et ce, en vertu d’une entente qui devra avoir l’aval des gestionnaires du navire. Est-il nécessaire de rappeler que le Québec et ses régions ne seront jamais bien servis tant que leurs intérêts seront subordonnés à ceux des autres régions du Canada et qu’ils n’auront pas pris le contrôle de leur propre développement scientifique, écologique et économique?