Un migrant traversant la frontière sur le chemin de Roxham en Montérégie

Le chemin de Roxham ou les «fourberies» de Justin

Jean-François Lisée avait raison! Au moyen d’images fortes, la clôture, la haie de cèdre, la guérite et le policier, il a su poser le problème réel causé par cette nouvelle vague d’immigration massive par le chemin de Roxham. Le problème posé par cet afflux incontrôlé de migrants illégaux (on en comptera vraisemblablement plus de 400 par jour l’été prochain) qui traversent la frontière canadienne comme une passoire, c’est que la probabilité de leur intégration sociale, politique et économique n’est favorable que pour une minorité d’entre eux. On sait d’ores et déjà que plus de 80 % seront retournés dans leur pays d’origine.

Comment expliquer tout d’abord que tous ces gens qui ont fui leur pays d’origine, en quête de sécurité, et qui sont maintenant chassés des États-Unis par le gouvernement de Donald Trump se précipitent vers le Canada, ce paradis accueillant, fraternel et généreux? L’élément déclencheur de cette crise, c’est la déclaration irréfléchie de Justin Trudeau, répercutée jusqu’au Nigeria, son généreux message d’ouverture des frontières canadiennes à tous nos frères humains frappés par le malheur.

Le Canada s’est vite révélé incapable d’honorer ce message trompeur dont la fourberie consiste à laisser les provinces se débrouiller avec la patate chaude. Comment accueillir convenablement cet afflux soudain de demandeurs d’asile, sinon dans des campements de fortune? Comment intégrer tous ces enfants dans nos écoles? Que faire de tous ces migrants en attendant que le fédéral ait statué sur tant de dossiers, ce qui peut prendre plusieurs années?

Quatre ministres libéraux du gouvernement Couillard, Jean-Marc Fournier, David Heurtel, Lucie Charlebois et Sébastien Proulx, n’ont pas obtenu du gouvernement de Justin Trudeau qu’il révèle le cœur même du problème, cette Entente sur les tiers pays sûrs (ETPS), en vigueur depuis 2004, qui crée tant de confusion entre les demandeurs d’asile admissibles s’ils entrent illégalement au Canada, et refoulés s’ils passent par les voies officielles. Le ministre fédéral de l’Immigration, Ahmad D. Hussen, semblait tomber des nues. Son collègue Marc Garneau a tenté bien maladroitement de minimiser l’affaire et, pendant ce temps-là, autre fourberie, Justin Trudeau cherchait, en secret, à renégocier l’Entente pour pouvoir renvoyer aux États-Unis les migrants qui affluent au chemin de Roxham!

Le beau grand Canada de Justin Trudeau a beau être riche et généreux pour l’image, le premier ministre cherche hypocritement le moyen de ne pas accueillir toutes les misères du monde. Peut-être se rappellera-t-il que la chancelière allemande Angela Merkel a failli perdre le pouvoir pour avoir ouvert les portes de l’Allemagne à un million d’immigrants.

Troisième fourberie qu’il faut bien dénoncer : pourquoi le fédéral se traîne-t-il les pieds pour assumer la responsabilité financière de ses beaux discours? Qu’il rembourse sans rechigner les 146 millions de dollars dépensés au Québec pour l’accueil des migrants serait la moindre des choses!

Comme pour la légalisation de la marijuana à des fins récréatives, comme pour le développement du pétrole sale, il y a loin de la belle parole aux actes, et l’on peut parler de «ruses faites pour tromper hypocritement», c’est-à-dire de «fourberies» de la part du gouvernement fédéral de Justin Trudeau.

La sortie remarquée de Jean-François Lisée aura au moins eu le mérite de poser le problème et de rappeler les gouvernements de Trudeau et de Couillard à leurs responsabilités.

Jean-Louis Bourque, Québec