Le chemin de la laïcité

POINT DE VUE / Il y a un sentiment de libération dans une majorité de la population à la suite de l’adoption de la loi 21 sur la laïcité et le port des signes religieux.

Ce sentiment est certes en relation avec une certaine exaspération, mais, pour une grande partie de la population qui a vécu la Révolution tranquille, il s’agit de vouloir inconsciemment arriver au bout du chemin.

Bien avant la Charte des droits et libertés de la personne en 1975, le Québec a essentiellement pris le virage de la laïcité et est intervenu indirectement sur le port de signes religieux en prenant le contrôle de deux grands axes essentiels à la vie que sont la santé et l’éducation qui étaient occupés par des religieux.

En effet, ce n’est donc pas par une loi spécifique qu’il l’a fait alors, mais par les lois sur l’Assurance hospitalisation en 1961, l’Assurance sur les soins médicaux en 1968 et par la loi instituant le ministère de l’Éducation en 1964.

Sans renier l’apport essentiel des religieux dans ces deux domaines où ils étaient omniprésents, la conséquence de ces lois et les réformes qui ont suivi ont fait en sorte que les laïcs se sont imposés partout, remplaçant petit à petit les membres des communautés religieuses qui détenaient à la fois les postes de direction et autres fonctions. Sans y être obligés, plusieurs de ces religieux ont muté spontanément pour continuer à y travailler, certains abandonnant du jour au lendemain tout signe religieux, d’autres le faisant à leur rythme.

En quelques années, les signes religieux avaient disparu de nos institutions hospitalières et d’enseignement.

On se doit de souligner la déconfessionnalisation des écoles publiques survenue en 2000, marquant un autre pas sur ce long chemin.

En prenant fait et acte de notre cheminement, nos compatriotes d’autres confessions devraient spontanément adhérer à la loi 21 et le secteur privé de l’enseignement envisager d’évoluer en ce sens par solidarité.

Il n’y a pas de retour en arrière possible et cette loi est venue simplement colmater des brèches.