Le bruit court de plus en plus

Si certains carburent au bruit, une majorité silencieuse s’en accommode de moins en moins. Il y a quelques années à peine, j’habitais un village plutôt paisible qui possédait une denrée rare : la paix. Il a fallu l’arrivée de quelques maires développeurs pour ouvrir la porte à des entrepreneurs qui ont senti l’odeur de l’appât du gain facile. Du jour au lendemain, mon patelin a «accueilli» un aéroport avec sa flotte aérienne polluante et l’ouverture de nouveaux développements domiciliaires avec leurs cohortes de moteurs qui pétaradent à tout moment de la journée.

La municipalité venait d’entrer dans la spirale ascendante du besoin d’augmentation des revenus et son corollaire, une hausse des dépenses. Ce cercle vicieux a modifié profondément la vie des résidents. Le bruit s’est invité dans le quotidien des gens; finie la quiétude et place au «vroum vroum» dans nos tympans. Neuville est devenue une petite ville-dortoir qui trouble de plus en plus le sommeil de ses résidents…

La Route 138 s’est transformée en autoroute. Malgré des limites de vitesse, la circulation bruyante offre un concert continu de désagréments sonores, tellement que de nombreuses résidences sont en vente parce que les propriétaires n’en peuvent plus d’endurer cette pollution assourdissante. Certains diront que je suis intolérant. Dans notre société, c’est bien connu, les victimes deviennent des agresseurs et ces derniers se comportent en victimes.

Que font nos dirigeants municipaux pour corriger le tir? Ailleurs, certains ont pris position contre le bruit des moteurs et particulièrement ceux des motos et autos, dont les silencieux modifiés de leurs engins permettent à leurs propriétaires crinqués de mieux se faire entendre et se faire voir. Le maire de Venise-en-Québec a vilipendé des motocyclistes qui menaçaient de ne plus acheter dans sa localité : «Ta bière, va la prendre ailleurs. Moi, chez nous, les gens payent des taxes municipales… ils ont le droit d’avoir une certaine quiétude. Ce n’était pas populaire quand j’ai commencé, mais les autres maires de la MRC ont embarqué avec moi pour faire de cela une priorité dans la région.»

L’impuissance n’est plus une réponse à ce problème qui va malheureusement aller en augmentant. Quand nos élus de Portneuf prendront-ils des mesures énergiques pour contrer ce fléau qui empoisonne la vie des résidents? Le bruit court que les payeurs de taxes en ont assez de cet immobilisme, ils attendent des réponses et des actions concrètes.

Marcel Perron
Neuville