Le besoin criant d’une réforme en droit de la famille

Tous les candidats et les candidates ou presque ont abordé de grands thèmes pendant la campagne. Ce dont on peut se permettre de douter, par contre, c’est qu’il faut accorder de l’importance à un besoin pourtant criant : une réforme complète du droit de la famille québécois.

Il faut se rappeler que la dernière réforme du droit de la famille remonte à 1980, soit il y a maintenant près de 40 ans. Sa désuétude se fait sentir au quotidien, tant pour les juristes œuvrant en droit familial que pour leur clientèle.

Près de 40 ans après la dernière réforme, près de 10 ans après le procès de première instance dans l’affaire Éric et Lola, plus de cinq ans suivant le jugement de la Cour suprême dans la même affaire et plus de trois ans après le dépôt du rapport du Comité consultatif sur le droit de la famille présidé par le professeur Alain Roy... L’heure a sonné.

La réforme du droit de la famille ne devrait pas être un projet de second plan pour nos futurs élus. Pourquoi les politiciens n’en parlent-ils pas davantage? C’est pourtant un sujet qui touche la très grande majorité des 8,4 millions de personnes qui forment la population québécoise. Serait-ce parce que ce n’est pas un sujet «payant» pour les politiciens? Serait-ce parce qu’il s’agit d’une problématique dont les solutions risquent d’affecter négativement leur popularité? 

Quoi qu’il en soit, il n’en demeure pas moins que le droit de famille devrait être l’une des priorités de notre prochain gouvernement. En effet, lorsque nos clients viennent nous consulter au moment le plus vulnérable de leur vie, ils reçoivent tous et toutes une douche froide.

Les avocats en droit de la famille pourront vous dire que les citoyens sont souvent mal informés quant à leurs droits et obligations, réalisent à quel point la législation est obsolète en droit familial, se butent à un carcan législatif qui n’est pas approprié à leur réalité familiale et s’engagent parfois dans des procédures ô combien difficiles, dirigées par un système judiciaire épuisé ayant atteint sa capacité maximale et n’ayant plus les moyens de ses ambitions.

Alors, tenons-nous-le pour dit : si nos futurs élus souhaitent réellement «faciliter la vie des Québécois», il faut commencer à parler «sérieusement» des préoccupations «populaires» aussi importantes que la réforme du droit de la famille, et ce, dès «maintenant».

Les familles québécoises ne peuvent plus attendre.

Suzanne H. Pringle, Ad. E., Laval