«Le retard inexcusable de la capitale dans la gestion des matières résiduelles n’est plus seulement gênant, il couvre la capitale de l’Amérique française d’une odeur de honte sentant la décomposition», écrit l'auteur de cette lettre d'opinion.

La troisième voie avant le troisième lien

POINT DE VUE / À une époque où les gens de Québec réclament plus de voies sur leurs autoroutes, on devrait d’abord travailler à régler le problème de la troisième voie : la collecte des matières putrescibles, ce qui inclut le compostage et la biométhanisation.

Le retard inexcusable de la capitale dans la gestion des matières résiduelles n’est plus seulement gênant, il couvre la capitale de l’Amérique française d’une odeur de honte sentant la décomposition.

Natif de la région de Québec, j’ai étudié à Sherbrooke où, en 2011, la collecte de compost était déjà une réalité. J’habite maintenant la petite ville de Mont-Laurier, où le compostage est en opération depuis 2015. Depuis 2018, partout le compostage est devenu pratique courante : Gatineau, Sainte-Thérèse, Laval, Montréal, La Pocatière et Rivière-du-Loup. Le Québec au grand complet est en voie de valoriser ses matières putrescibles. À l’exception (oh surprise!) de sa capitale nationale, ville riche et prospère, là où les politiques de gestion des matières résiduelles ont été votées. L’objectif national, fixé au début de la décennie, prévoyait pourtant qu’en 2020, toutes les matières putrescibles devaient être valorisées, toutes!

À l’arrivée de 2020, il doit être particulièrement gênant pour les députés et élus municipaux de recevoir leurs collègues de l’ensemble du territoire québécois, et de leur dire : «Nous savons que vous compostez dans vos régions, mais à Québec c’est hors de nos capacités.» Quand l’usine de Québec ouvrira, ça fera 25 ans que les gens de Victoriaville auront commencé à composter! L’Ancienne-Lorette s’est fait une gloire d’être une des premières villes du Québec à recycler et elle sera bientôt l’une des dernières à composter. Réveille-toi Québec, la capitale n’a pas pour vocation d’être dernière, mais à servir d’exemple. C’est raté pour cette fois, mais on ne t’y reprendra plus j’en suis sûr.