La plus grande menace à notre sécurité collective et individuelle

En réaction à l’éditorial «La part de Trump» du journaliste Jean-François Cliche paru le 31 octobre dans Le Soleil

Simplement pour partager mon intérêt et accord total avec votre éditorial. Il a été ma responsabilité dans les 40 dernières années d’observer, d’analyser et de prévenir les gouvernements canadiens et québécois sur la montée de menaces envers notre société.

Je peux dire que cette menace constante et incidueuse des discours démagos bien souvent faux, voire carrément des mensonges, des «agitateurs de radio», représente pour moi la plus grande menace à laquelle nous avons été confrontés en tant que société dans son ensemble. C’est le tissu social qui est attaqué. Même les assauts sournois des sympathisants islamiques radicaux ne nous menaçaient pas autant, car leur idéologie est trop loin de nous et ne prendra jamais racine. Donc, elle est destinée à mourir de sa belle mort.

Toutefois, lorsque l’on apprend que la Sûreté du Québec estime à 150 000 le nombre d’adhérents aux groupes de la droite identitaire, que ces groupes sont plus d’une quinzaine à opérer ouvertement, que prêt de 85 % d’entre-eux se retrouvent dans la région de Québec, que Québec a subi l’attaque de la Mosquée et que, au lieu de voir une diminution des incidents à caractère raciste ou haineux, la police de Québec a enregistré une hausse de ce type d’incidents, que le Centre de prévention de la radicalisation de Montréal reçoit 20 % de ses appels en provenance de Québec et que presque 100 % sont des préoccupations touchant l’extrême droite. 

Alors oui, on peut associer le langage des radios poubelles à un risque à notre sécurité collective et individuelle.

À cet effet, les politiciens ont des responsabilités. Et bien que plusieurs s’en lavent les mains de peur de devenir les victimes du bullying, ou du harcèlement dont ils pourraient être victimes, il en demeure que c’est une dénonciation constante et continue qui peut arriver à bout de ces promoteurs de la peur et de la haine.

Michel Juneau-Kasuya
Ottawa