La pédagogie et la pandémie

La pédagogie en temps normal ou extraordinaire n’est jamais claire.

Dans un contexte de post-pandémie, elle devient évasive se traduisant par de la prudence et de sécurisantes hésitations. De la maternelle à l’université, les ajustements seront teintés d’un langage déroutant. On est dans un grand jeu de distanciation poussant à la limite tout ce qui est retenue, réserve, attente.

Le ministre Roberge tente de diriger toutes les modifications plus ou moins limpides. Le fameux acte pédagogique devra composer avec les effets de la pandémie et les travailleurs de l’éducation (en voie d’être valorisés et véritablement respectés) devront, encore une fois, se débrouiller en décodant les directives floues. La pédagogie post-virus est dans le brouillard.

Entre la cogitation de mesures de redressement en haut lieu et son actualisation dans la réalité, on sent une certaine déroute. Des problèmes de récupération en devenir, l’urgence de remotiver une clientèle plus vulnérable, un nouvel enseignement plus anonyme —susceptible de provoquer du décrochage —, une relation maître-élève plus distante... Dans cette optique une cohorte d’enseignants (es) est voie de lever le drapeau blanc ayant perdu le feu sacré.

Douglas Beauchamp, Québec