La parité au parlement dans un an?

À un peu moins d’un an des élections générales fédérales qui se tiendront le 21 octobre 2019, les principaux partis politiques fédéraux prendront-ils les moyens pour assurer la parité de candidatures au sein de leur formation respective? Réussiront-ils, à l’instar des principaux partis politiques du Québec dans le cadre de la dernière campagne électorale, à atteindre la «zone paritaire»? Car on le sait, c’est à ce niveau stratégique que tout se joue.

Au Québec, le portrait global au démarrage avant les élections démontre une présence anémique de femmes élues sauf au Nouveau Parti démocratique (NPD). En effet, le Parti conservateur (PC) n’a qu’une élue sur 11 (9 %), le Bloc Québécois (BQ) ne fait pas meilleure figure avec deux élues sur 10 (20 %) et le Parti libéral (PLC) mené par Justin Trudeau, pourtant champion de la parité, affiche un score de 10 élues sur 40 (25 %). Quant au nouveau Parti populaire de Maxime Bernier, il est encore en formation. Quel avenir donc pour la parité au plan fédéral?

Le Canada : mauvais élève

La situation au Québec reflète celle de l’ensemble canadien. Avec 27 % de femmes élues à la Chambre des communes, le Canada est à la traîne en matière de députation féminine dans le classement mondial. Au tableau de l’Union interparlementaire qui recense régulièrement la proportion de femmes dans les chambres basses des parlements nationaux, le Canada figure au 60e rang mondial. Loin derrière la plupart des pays européens et plusieurs pays d’Amérique du Sud ou d’Afrique. Derrière aussi les autres principaux pays du Commonwealth : Royaume-Uni, Nouvelle-Zélande et Australie.

Comme le démontrent des études, l’électorat n’est pas sexiste, ce sont plutôt les partis politiques qui reproduisent des iniquités en ne présentant pas une équipe paritaire de candidats. La récente élection québécoise a même démontré que la présence accrue de candidatures féminines dans certains partis pouvait coïncider avec davantage de votes de la part des femmes. À l’heure d’une mobilisation féminine sans précédent aux États-Unis à l’occasion des élections de mi-mandat, le Canada semble se placer à l’écart de tout renouveau et de tout mouvement significatif vers la parité.

Il n’est pas trop tard. Les partis politiques et surtout leurs chefs ou cheffes peuvent faire le virage qui s’impose en misant sur la parité comme valeur ajoutée à la démocratie.

Thérèse Mailloux, présidente du conseil d’administration du Groupe Femmes, Politique et Démocratie

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