La médecine mise en cause

Je me demande souvent quelle formation nos médecins ont reçue à l’université. Mon expérience de vie me dit qu’au plan scientifique cette formation est de bonne qualité. Je m’interroge toutefois sur deux problématiques: quelle conception de la médecine les étudiants ont-ils reçue? Celle-ci est-elle surtout considérée comme une affaire de gros sous ou a-t-elle comme premier objectif de soigner le malade, de l’aider à guérir ou au moins de soulager ses douleurs?

Se greffe à cette première interrogation une seconde, à savoir quelle importance accorde-t-on à la relation patient-médecin pour aider à la guérison. Le futur médecin apprend-il à écouter le malade, à prendre tout le temps qu’il faut avec lui, ou doit-il agir vite, car payé à l’acte, et de toute façon, le patient ne possède pas sa science… Même si le médecin doit rester humble.

Selon sa conception ou philosophie de la médecine, le patient aura donc une importance plus ou moins grande pour le médecin. Ce dernier agira-t-il en pratique principalement comme un dispensateur de prescriptions ou comme un véritable aidant du malade? Le patient sera-t-il vu comme une personne qui se décortique pièce par pièce ou comme une personne considérée dans toute sa globalité, corps et esprit?

Notre système de santé ne peut faire fi de réflexions fondamentales sur la santé elle-même et de la façon dont les soins sont dispensés. Ce qui implique aussi évidemment une réflexion sérieuse sur la formation de nos futurs médecins. Les nombreux débats actuels sur le système de santé devraient favoriser ces interrogations.

Michel Lebel
Entrelacs

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BUDGET INSOUCIANT

Le dernier budget du ministre des Finances Bill Morneau  dépasse la fiction en nous lançant dans un déficit de près de 20 milliards $. Pour qui se prennent ces politiciens pour dépenser nos dollars durement gagnés en pensant que c’est leur argent tout en endettant les générations futures?

Je comprends que les Canadiens, plus particulièrement les Québécois, ont voté pour Justin Trudeau qui promettait un déficit les deux premières années, mais en nous garantissant un retour à l’équilibre budgétaire pour 2019. C’est loin d’être le cas, car, dans son discours budgétaire, le ministre des Finances semble viser le retour de l’équilibre au-delà de 2020, ce qui est encore plus inquiétant.

Malgré ce dépassement budgétaire rocambolesque, il n’y a rien pour les citoyens, surtout ceux de la classe moyenne qui peinent à boucler leur budget et passent toujours dans le tordeur des déficits.

Avec une dette au-dessus des 650 milliards $, nos enfants, petits-enfants et ceux qui ne sont pas encore nés se ramassent avec des paiements énormes sur leur dos.

Jocelyn Boily
Québec