«Certains crient au viol de leur liberté lorsque l’État veut les obliger à porter un masque. Le respect des autres, le respect des mesures sanitaires ne les concerne pas.»
«Certains crient au viol de leur liberté lorsque l’État veut les obliger à porter un masque. Le respect des autres, le respect des mesures sanitaires ne les concerne pas.»

La liberté à bien des sauces...

Michel Lebel
Entrelacs
POINT DE VUE / En ce temps trouble de pandémie, la liberté est invoquée à bien des sauces. Ainsi certains crient au viol de leur liberté lorsque l’État veut les obliger à porter un masque. Le respect des autres, le respect des mesures sanitaires ne les concerne pas.

L’individu est souverain et il n’a que faire des limites à sa liberté. Quelle bien courte et fausse conception de la liberté! «Celle-ci n’est pas une marque de yogourt»… (Pierre Falardeau). 

Pendant ce temps, des milliers de personnes crient liberté et démocratie dans les rues de la Biélorussie, de la Thaïlande et de Hong Kong : des personnes y sont emprisonnées, torturées, voire tuées, pour oser s’exprimer, pour s’opposer au pouvoir en place. Quel contraste entre ces deux conceptions et applications de la liberté!

Mais elles témoignent toutes les deux, avec leur grande différence, que la personne aspire à la liberté. Comme l’air, elle ne peut s’en passer. Ce qui fait qu’aucune dictature ne peut être pérenne. 

La pandémie actuelle contraint les personnes, leur liberté de mouvement et de circulation est malmenée. Mais la liberté d’expression est sauve, du moins dans les régimes démocratiques, ce qui est un atout extrêmement précieux. Cette pandémie, il faut l’espérer, amènera une plus grande solidarité entre les personnes et les peuples. Nous ne sommes pas des îles isolées, mais des presqu’îles toutes interreliées, pour le meilleur comme pour le pire. Au sortir de cette très grave crise, le monde ne devrait plus être le même.