La langue française mal-aimée

POINT DE VUE / «Bon matin» (good morning), «Bonjour, Hi !», et cette dernière qui m’a fait mal au «fond» de mon cœur de Québécois. Moi, qui ne suis pas un féru de la langue française, mais qui fais attention depuis toujours grâce à ma mère, laquelle ne faisait pas de fautes avec sa 9e année du temps : «Collecte de fond» ! (photo prise ce 10 octobre 2019 à Trois-Rivières).

Ce n’est pas contre l’anglais que j’en ai; c’est contre notre paresse intellectuelle qui est revenue en force : toutes ces années perdues à tenter de nous exempter d’une assimilation à une culture anglaise, mais surtout à être fier de notre langue française, parlée et écrite. Plus rien ne semble subsister. C’est navrant.

On est un peuple sans âme, conquis et inhibé, plus fier de parler anglais que de bien parler et écrire le français, notre langue maternelle.

Au «fond», c’est la pauvreté de notre français qui devrait nous faire regimber bien plus qu’un foulard sur la tête d’une enseignante.

À lire ça («Collecte de fonds»), je me suis dit : «c’est trop gros ; ils l’ont fait exprès !  Ça devait être une commande du ministre Jolin-Barette auprès des fonctionnaires des panneaux orange pour vérifier la qualité du français en région (ici à Trois-Rivières), et voir si nous verrions la faute». Quel «fond» donneront-ils ? La monnaie de leur «fond» de poches ! Demanderont-ils : «Quelle sorte de “fond” collectez-vous ?»

On se révolte pour un «Bonjour, Hi», mais que dire de notre assimilation à l’anglais par ce «Bon matin» (good morning). On se trouve ordinaire avec un simple «Bonjour». Nous sommes inconscients et surtout insouciants de notre assimilation. Au lieu de «Bon matin», pourquoi pas un «Bonjour» avec attention et amour ?

Ici à Trois-Rivières, on n’entend pas ça «Bonjour, Hi», mais on entend «Bon matin» qui sonne «Good morning». On se trouve bien fin de dire « Bon matin»; désolant.

Aujourd’hui, même Maurice Richard serait gêné de la qualité de notre langue française écrite et parlée; lui qui a fait tous les efforts nécessaires à bien la parler quand il se présentait à la télévision, malgré les lacunes de son instruction reçue. La nôtre a-t-elle été meilleure ? 

Je pense que les Anglais aiment mieux la langue française que nous l’aimons. Au « fond », on s’en fout de notre langue française. 

Triste constat au sein même de notre voirie. Non, ça ne se peut pas : ils l’ont fait exprès.