L'auteur de cette lettre d'opinion souhaite que le gouvernement de la CAQ choisira de mettre fin au projet pilote d’Uber dans le meilleur délai et qu’il investira plutôt dans la consolidation de l’industrie du taxi.

La gestion d’Uber: quel laxisme!

Nous apprenions la semaine dernière que le projet pilote d’Uber était prolongé d’un an, soit jusqu’en octobre 2019.

Quelle surprise de voir que le ministre sortant des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports, M. André Fortin, se rende jusqu’à imposer ainsi ce projet à son successeur de la Coalition avenir Québec (CAQ)! M. Fortin a donc su respecter jusqu’au bout la ligne de conduite du gouvernement libéral… de l’indulgence et de la tolérance démesurées envers Uber Canada. Du laxisme!

Si ce jugement peut sembler sévère aux yeux des partisans d’Uber, je leur rappelle que cette entreprise a envahi le Québec avec ses gros «sabots» en ne se souciant pas d’offrir ses services dans le respect des règles applicables à l’industrie du taxi et en ne percevant pas les taxes devant être versées à l’État. Il faut croire qu’il y a toutes sortes de façon d’arriver et d’entrer en compétition… Un comportement inéquitable et illégal, qui semble être resté impuni. Au contraire, le gouvernement du Québec a autorisé la poursuite de «l’agression» envers l’industrie du taxi en proposant à Uber, en septembre 2016, un projet pilote devant prendre fin en octobre 2017. Ce mois-là, le projet pilote a été reconduit à nouveau pour une autre année, mais en imposant des critères plus exigeants. Il fallait bien que le gouvernement donne l’impression qu’il était sérieux…

À ce jour, ces années d’une gestion désastreuse de la présence d’Uber sur le territoire québécois ont eu des conséquences monétaires majeures sur cette industrie en diminuant de plusieurs millions $ son chiffre d’affaires et la valeur des permis de taxi. D’ailleurs, le gouvernement l’a reconnu en versant une indemnité de 250 millions $ aux chauffeurs de taxi en 2018 et le ministre des Finances, M. Leitão, n’excluait pas une deuxième indemnisation.

Cette présence d’Uber d’abord tolérée et ensuite encadrée par un projet pilote a fragilisé l’industrie du taxi et les familles qui en vivent. Quant aux payeurs de taxes que nous sommes, nous avons contribué aux 250 millions $. Espérons que le gouvernement de la CAQ choisira de mettre fin à ce projet pilote dans le meilleur délai et qu’il investira plutôt dans la consolidation de l’industrie du taxi!

André Demers, Québec