Une étude a dévoilé un haut taux de détresse psychologique chez les entrepreneurs du Québec.

La détresse psychologique, visage méconnu de l’entrepreneuriat

Oser. Parler. Lever un tabou. Montrer le revers de la médaille et l’assumer. Prendre le taureau par les cornes. Ouvrir le chemin d’une réflexion profonde. Faire face à la réalité. Innover. Soutenir.

La détresse psychologique chez les entrepreneurs : tel est l’objet de l’étude menée au sein du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ) dans le but, non pas de décourager les candidats à l’aventure entrepreneuriale, mais plutôt d’adopter une approche proactive devant une problématique qui, tôt ou tard, ressurgira à la surface comme un véritable défi de santé publique au Québec.

Dans un contexte où l’ensemble des acteurs du développement économique réfléchissent sur les meilleurs outils à mettre en place pour développer une culture entrepreneuriale, lancer un mouvement de démarrage et de croissance des entreprises, il nous est apparu important de mettre l’accent sur une dimension qui est très peu connue, voire méconnue de l’entrepreneuriat et pour laquelle des solutions peuvent être trouvées, pourvu que l’on se penche dessus.

Une étude dévoilée cette semaine, «Une face cachée de l’entrepreneuriat au Québec : la détresse psychologique chez les entrepreneurs», démontre qu’un niveau élevé de détresse psychologique a été identifié parmi 71,5 % des répondants. De plus, 11,1 % d’entre eux ont déclaré souffrir de symptômes de dépression modérée et 6,6 %, de dépression sévère.

Concevez-vous que 43 % des répondants du sondage travaillent plus de 50 heures par semaine, sachant qu’au-delà de 60, les symptômes d’épuisement professionnel (plus communément connu sous le terme de burn-out) apparaissent? Quoi d’étonnant à cette course contre la montre puisque beaucoup ne peuvent se permettre de prendre de vacances parce que leur entreprise devrait suspendre ses activités durant leur pause annuelle. Sans surprise, 71,5 % d’entre eux éprouvent de la difficulté à dormir.

Enfin, beaucoup connaissent mon engagement pour la conciliation travail-famille, or, cette enquête démontre que les employés ne sont pas les seuls qui doivent bénéficier de mesures de conciliation entre les responsabilités professionnelles et familiales. Les entrepreneurs — hommes et femmes — font également face à cette problématique.

Embûches

Ainsi, et en creusant davantage, on se rend compte que le parcours des entrepreneurs n’est pas sans embûches. La période qui suit immédiatement le lancement de leur entreprise (deux à cinq ans) est une phase critique de consolidation qui peut les soumettre à rude épreuve, poussant certains d’entre eux à des phases de dépression et une détresse psychologique qu’il est crucial voire fondamental d’identifier et à laquelle il faut apporter des solutions. Les répercussions non seulement sur eux-mêmes, mais sur leur famille, sur leur entreprise et sur leurs employés peuvent être lourdes de conséquences. Fort heureusement, les solutions existent, mais encore faut-il les mettre en œuvre!

Cette étude, inédite au Québec, a pour objectif de lancer une réflexion sur le sujet et d’amorcer une discussion sérieuse, une sensibilisation et une recherche de solutions pour briser l’isolement de nos entrepreneurs qui désirent contribuer favorablement au développement socio-économique robuste du Québec. Alors donnons-leur toutes les chances d’y parvenir, pour le bien-être de tous!

Monsef Derraji
Président-directeur général
Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec