La démagogie sur le dos des fonctionnaires

En réaction à la chronique «Dans la gueule du monstre de l’État» du journaliste François Bourque parue le 29 août

Il n’est pas rare de voir les politiciens casser du sucre sur le dos des fonctionnaires, même si ce sont ces mêmes fonctionnaires qui les servent à l’Assemblée nationale et dans les divers ministères et organismes lorsque leur parti est au pouvoir. Ça se vend bien sur le plan politique et, dans la région de Québec, bien des postes de radio se délectent de ces propos.

Je lis Le Soleil sur une base quotidienne depuis plusieurs décennies. J’apprécie, la grande majorité du temps, la qualité des propos de ses chroniqueurs. Ce matin, j’ai été grandement déçu de la chronique de M. Bourque. Il reprend dans sa chronique de «vieux clichés», trop souvent exploités par des journalistes de divers médias, notamment dans la région de Québec. Pour reprendre ses propos, il parle de «récits d’utilisations douteuses d’argent public et du temps des employés continuent à résonner à nos oreilles par des amis, parents, voisins. Ici, des gestionnaires incompétents; là, une mauvaise organisation du travail; ailleurs, des commandes politiques insensées, des formulaires ou des sites Internet mal foutus pour les citoyens, des procédures aberrantes, etc. C’est parfois à désespérer.»

J’ai pris ma retraite l’automne dernier après 40 ans sur le marché du travail, dont les 38 dernières années au sein de la fonction publique québécoise. J’ai œuvré au sein de diverses organisations dont le Vérificateur général du Québec, le Secrétariat du Conseil du trésor et la Régie des rentes du Québec (maintenant Retraite Québec). J’y ai relevé de beaux défis et j’ai eu le privilège de travailler pour des gestionnaires de haut niveau; j’ai eu l’impression de contribuer au mieux-être de la société québécoise.

J’ai été à même d’apprécier les efforts faits afin de rendre l’appareil public plus efficace. Et surtout, j’ai eu la chance de constater, au fil des années, la préoccupation des hauts dirigeants pour le service au citoyen. Il y a bien sûr l’action immédiate des préposés aux services mais aussi celle des personnes qui rédigent les lois et les règlements et qui développent les systèmes informatiques afin d’assurer la meilleure prestation de services… Pourquoi ne parle-t-on que des erreurs de l’appareil gouvernemental et jamais de ses belles réussites et des améliorations apportées à ses services? La gestion axée sur les résultats y est bien implantée et les parlementaires en surveillent les retombées par l’examen des rapports annuels qui sont déposés à l’Assemblée nationale.

La fonction publique québécoise fait face à la même pénurie de main-d’œuvre que les autres employeurs. Il y a de beaux défis à y relever pour celles et ceux qui veulent servir la population du Québec. Mais qui voudra s’y risquer avec la mauvaise réputation, pleine de préjugés, qui lui colle à la peau?

André Villeneuve
Saint-Augustin-de-Desmaures