La couronne nord victime des politiques libérales

Lettre à Stéphane Lacasse, candidat du Parti libéral du Québec dans La Peltrie

J’ai été étonné de voir qu’un des points forts sur lesquels vous comptiez faire votre campagne était l’accès à la santé dans la couronne nord de la ville de Québec. Il semble que vous ayez la mémoire courte pour quelqu’un qui a été conseiller politique d’un ministre libéral pendant plusieurs années. Ne savez-vous pas que c’est votre propre gouvernement qui a décidé de centraliser les services vers, entre autres, l’hôpital Chauveau de Loretteville et ainsi de faire sortir les services de santé de notre circonscription?  

D’ailleurs, depuis la fermeture du CLSC de Val-Bélair en 2010, les services de santé ont été de plus en plus centralisés vers Loretteville. En février de l’année 2017, un groupe de citoyens s’était même levé pour faire circuler une pétition afin que la clinique de Val-Bélair conserve ses services au moment où la réforme Barrette prévoyait de continuer la centralisation en envoyant le «sans-rendez-vous» donné dans cette clinique à l’hôpital Chauveau. Résultat, malgré les tentatives citoyennes, la clinique de Val-Bélair offre désormais des «sans-rendez-vous» uniquement deux jours par semaine pendant quatre heures, soit les samedis et dimanches de 8h à midi.

Inutile de vous dire qu’une plage horaire de quatre heures, deux jours par semaine, n’est pas suffisante pour accommoder la population, et qu’elle se remplit vite. D’autant plus que l’hôpital le plus proche vers lequel les services ont été transférés est très mal desservi par le transport en commun. Il n’y a, en effet, pas de ligne directe qui relie Val-Bélair à Loretteville. Il faut généralement, pour s’y rendre, descendre vers le sud jusqu’au terminus les Saules puis remonter avec le métrobus 804, pour un temps de transport d’entre 40 à 60 minutes. En voiture, ce trajet ne se fait qu’en une dizaine de minutes. Il n’y a pas non plus d’autobus qui passe directement devant l’hôpital pour les personnes à mobilité réduite.

Outre cet exemple très localisé, il semble clair dans toutes les régions du Québec que la politique de votre ministre de la Santé en est une de centralisation. Le regroupement de divers organismes de santé dans des ensembles plus grands, comme cela est voulu avec les ensembles CIUSSS, en est la preuve. Si vous comptiez vous impliquer en politique pour réaliser une meilleure décentralisation de l’offre de services en santé, je doute que vous ayez choisi le bon parti, le gouvernement libéral ayant à plusieurs reprises agi contre les principes qui vous tiennent tant à cœur. Je crois aussi qu’il est bon de rajouter que la CAQ non plus n’est pas le bon parti pour améliorer cette situation. On se rappellera tous que Gaétan Barrette a d’abord été attiré en politique par la Coalition avenir Québec et que lors de son passage vers le Parti libéral du Québec, il a apporté avec lui le plan en santé de son ancien parti.

Je suis tout de même content de voir que vous réalisez que des besoins urgents d’accès aux soins de santés ont été créés au sein de notre circonscription dans les dernières années. Cela est déjà un bon début. Vous et moi arrivons probablement en fin de compte aux mêmes constats : les politiques actuelles mises en place par votre gouvernement ne règlent pas les problèmes d’accès aux soins de santé et en créent même de nouveaux. Reste qu’entre comprendre que quelque chose ne fonctionne pas et comprendre pourquoi ça ne fonctionne pas, il y a un pas à faire. 

Espérons que vos échanges avec la population dans les prochains mois vous permettront de comprendre que les actions de vos élus sont à la source du problème.

Éric Blouin, Président du Parti québécois de La Peltrie