«La CAQ n’a pas de plan de lutte à la pauvreté», écrit l'auteure de cette lettre d'opinion.

La CAQ oublie-t-elle les plus pauvres?

POINT DE VUE / À l’approche de la période des Fêtes, la condition des personnes les moins fortunées de notre société suscite un élan de générosité inégalé. Les actions gouvernementales constituent cependant la pierre angulaire afin de redistribuer la richesse collective aux plus vulnérables d’entre nous.

La CAQ n’a pas de plan de lutte à la pauvreté et son penchant pour l’universalité représente une avenue inquiétante. Avec l’augmentation de l’Allocation famille pour les deuxième et troisième enfants, le gouvernement Legault permettra certes à des familles moins nanties de combler un tant soit peu un de leurs besoins de base. Les personnes pauvres qui peinent à se nourrir et à se loger ont toutefois grandement besoin d’aide, bien davantage que les plus fortunés.

À bien des égards, l’approche du gouvernement Legault mérite d’être remise en question. Son importante réticence à prioriser les maternelles 4 ans en milieu défavorisé en est un bon exemple. La réforme de taxe scolaire, qui avantage les propriétaires de résidence de grande valeur, et qui oublie les personnes n’ayant pas les moyens d’accéder à la propriété, en est un autre.

La loi 34, qui ferait augmenter les tarifs d’électricité de 2 % par année, ne frappera-t-elle pas de plein fouet les moins fortunés qui habitent souvent des logements mal isolés? Alors que 35 % des aînés vivent avec moins de 20 000 $ par année, la FADOQ a exprimé que toute charge supplémentaire pourrait grandement les affecter.

Les orientations prises en matière d’éducation, qui consacrent un système scolaire déjà considéré le plus inégalitaire au Canada, et qui risquent d’accentuer la compétition entre les écoles, ne fragiliseront-elles pas principalement les écoles en milieu défavorisé? Les familles démunies ont-elles les ressources financières et personnelles pour magasiner l’école de leur enfant?

Force est de constater que plusieurs mesures mises de l’avant par ce gouvernement ne tiennent pas compte de l’ampleur des besoins de nos concitoyens les plus pauvres. Et c’est désolant.